Actualités of Monday, 5 January 2026

Source: www.camerounweb.com

Coup dur pour Paul Biya et Fame Ndongo à quelques heures du remaniement ministériel

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Rentrée blanche dans les campus camerounais. Le Syndicat national des enseignants du supérieur (Synes) a lancé ce lundi 5 janvier un débrayage général de dix jours dans les onze universités d'État du pays. Près de 8 200 enseignants réclament le paiement d'arriérés de primes et de dettes académiques accumulées depuis 2021.


Ce lundi devait marquer la reprise des classes après la trêve des fêtes de fin d'année. Pourtant, un calme inhabituel règne dans les amphithéâtres des universités d'État du Cameroun. Les cours n'ont pas repris. Le Syndicat national des enseignants du supérieur (Synes) a décrété un arrêt de travail du 5 au 14 janvier 2026, paralysant l'ensemble du système universitaire public.
Cette colère n'est pas un coup de tonnerre dans un ciel serein, mais l'aboutissement de promesses gouvernementales non tenues en 2024 et 2025.


Le centre de la discorde repose sur des chiffres précis. Le professeur Jeannette Wogaing Fotso, secrétaire générale du Synes, identifie clairement le nœud du problème : "C'est le non-paiement de la dette académique cumulée sur la période de 2021-2022, une dette qui porte sur les heures complémentaires des jurys de master et de doctorat, les vacations et les expertises dues aux enseignants."
À cette ardoise s'ajoute le retard de versement des troisième et quatrième tranches des primes aux enseignants-chercheurs. Selon les données du syndicat, "80 % des enseignants sont concernés par cette préoccupation". Un chiffre qui illustre l'ampleur du mécontentement dans le corps enseignant.

Comme le dit un proverbe local, "on ne court pas deux lièvres à la fois" : les enseignants refusent désormais de porter la charge des cours tout en supportant une précarité croissante. Le Synes s'alarme d'ailleurs de la dégradation générale des conditions de vie de ses membres, pointant du doigt les failles du régime de retraite et de l'assurance maladie.

Cette grève traduit un ras-le-bol profond d'un corps professoral qui se sent abandonné par l'État, malgré son rôle crucial dans la formation de la jeunesse camerounaise.

Dans cette atmosphère de tension, une exception demeure néanmoins. Le mouvement "ne concerne cependant pas la participation de ses membres aux jurys de thèses de doctorat/PHD", précise le syndicat. Une décision qui vise à ne pas pénaliser les doctorants en fin de parcours.

Pour l'heure, le ministère de l'Enseignement supérieur, dirigé par Jacques Fame Ndongo, n'a pas officiellement réagi à ce mot d'ordre de grève. Un silence qui contraste avec l'urgence de la situation et l'ampleur de la mobilisation.

Les premiers impactés par cette rentrée blanche sont les étudiants. Déjà confrontés à des conditions d'études difficiles dans des campus surpeuplés, ils voient leur année académique prendre du retard avant même d'avoir commencé.
Ils attendent de savoir si les négociations entre le gouvernement et le syndicat permettront une reprise normale des cours avant le 14 janvier. À défaut, c'est tout le calendrier académique 2026 qui risque d'être bouleversé.

Cette grève intervient dans un contexte plus large de tensions sociales au Cameroun. Après les enseignants du secondaire, les personnels de santé et d'autres corps de métier, c'est au tour du supérieur de manifester son exaspération face aux retards de paiement et à la dégradation des conditions de travail.

Le gouvernement, qui vient d'annoncer la formation imminente d'une nouvelle équipe ministérielle placée sous le signe de la "compétence et de la probité", est attendu sur sa capacité à répondre rapidement à ces revendications légitimes.