Actualités of Tuesday, 4 August 2026

Source: www.camerounweb.com

Coup dur : comment le SDF a perdu son bastion du Nord-Ouest en une décennie

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Avant de parler de reconquête, encore faut-il mesurer l'ampleur de la chute. Une enquête de Jeune Afrique consacrée à l'opération « Take back Bamenda » lancée par le Social Democratic Front (SDF) permet, en creux, de dresser un état des lieux préoccupant pour ce parti historique de l'opposition camerounaise, dont l'érosion électorale dans son fief anglophone atteint des proportions considérables.



Selon les données rapportées par Jeune Afrique, le SDF est passé de 13 députés dans la région du Nord-Ouest à seulement trois, à l'issue des dernières élections locales tenues en février 2020. Un effondrement de plus de 75 % de sa représentation parlementaire régionale, qui traduit une perte d'influence électorale rarement observée avec une telle intensité dans le paysage politique camerounais. L'enquête précise en outre que le parti n'est parvenu à conserver qu'un seul maire sur les trois possibles dans la ville de Bamenda elle-même, pourtant présentée depuis 1990 comme le symbole même de l'implantation du parti.

Des explications structurelles, mais aussi une part d'autocritique implicite

Jeune Afrique rappelle que le parti a, après chaque revers électoral, invoqué une série de facteurs structurels pour expliquer ces contre-performances : l'insécurité liée à la crise anglophone, les déplacements massifs de populations qu'elle a engendrés, les difficultés d'accès aux bureaux de vote, ou encore des soupçons de fraude amplifiés par le manque d'observateurs indépendants. Des explications qui, si elles ne sont pas dénuées de fondement au regard du contexte sécuritaire des régions anglophones, n'épuisent pas à elles seules la question du recul politique du parti, dont l'enquête souligne également qu'il avait opté ces dernières années pour une stratégie de modération vis-à-vis du pouvoir — un choix stratégique qui a pu, aux yeux d'une partie de son électorat historique, brouiller son image de force de contestation.



Ce que cette plongée dans les chiffres, documentée par Jeune Afrique, laisse entrevoir, c'est que les élections locales attendues au premier trimestre 2027 ne représentent pas simplement une échéance électorale ordinaire pour le SDF : elles constituent un véritable test de survie politique pour un parti dont l'ancrage historique, seul argument lui permettant encore de peser dans le paysage politique national, est aujourd'hui directement menacé.