Actualités of Friday, 13 February 2026

Source: www.camerounweb.com

Coup de tonnerre: la SGS impliqué dans le scandale au PAD quitte le pays

SGS sous pression en Afrique centrale : retrait du Congo et bataille au Cameroun
La multinationale suisse fait face à des difficultés majeures dans deux pays de la sous-région


La Société générale de surveillance (SGS), spécialiste mondial de l'inspection et de la certification, traverse une période difficile en Afrique centrale. Selon les révélations d'Africa Intelligence ce 11 février 2026, le géant suisse se retire définitivement du Congo, tandis qu'au Cameroun, son maintien au Port de Douala fait l'objet d'une âpre bataille entre clans au sommet de l'État.

Selon les informations exclusives d'Africa Intelligence, la multinationale genevoise, qui avait son siège social local dans la capitale économique congolaise, Pointe-Noire, et disposait d'un bureau à Brazzaville, ferme ses représentations au Congo.

La cause de ce départ précipité ? Des difficultés répétées à se faire payer par les autorités publiques, à commencer par la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC), dont les arriérés se sont accumulés ces dernières années. Face à cette situation financière intenable, le dispositif de SGS a été démantelé et Maurice Ble Aliefe, directeur général de SGS chargé de superviser les activités congolaises, a été repositionné à Conakry, en Guinée.

Africa Intelligence rapporte que le géant suisse « peine à se développer au Cameroun, au port de Douala », information datée du 29 janvier 2026. La multinationale a également « amorcé en juillet 2025 son départ de Centrafrique », selon une information du 25 juillet 2025 du même média.

SGS garde néanmoins une présence minimale au Gabon, avec un représentant. Cette situation inquiète les pétroliers de la région, d'autant que la société française de certification Bureau Veritas a considérablement réduit son activité Oil & Gas en Afrique, tandis que le groupe britannique de certification Intertek ne semble pas disposé à s'implanter au Congo, où SGS cherche un repreneur.

Parallèlement à ce retrait congolais, SGS fait face à une toute autre difficulté au Cameroun : une guerre des clans au sommet de l'État concernant son contrat au Port Autonome de Douala (PAD).

Comme révélé récemment, le Premier ministre Joseph Dion Ngute a décidé de maintenir le contrat de SGS au PAD, malgré des pressions contraires émanant de certaines factions influentes de l'appareil d'État camerounais. Cette prise de position ferme, saluée jusqu'aux rangs de l'opposition comme un acte de « courage » et « d'autorité », a surpris les observateurs habitués à voir le chef du gouvernement camerounais relégué au second plan.

Selon l'analyste politique Armand Noutack II, cette décision pourrait marquer le début d'une « guerre OUVERTE entre les clans rivaux » qui se livrent une « guerre FROIDE depuis au moins 15 ans » au sein du régime camerounais.

Le retrait de SGS du Congo et ses difficultés au Cameroun illustrent les défis auxquels font face les multinationales de certification en Afrique centrale. Entre impayés chroniques des États, luttes d'influence politiques et concurrence accrue, le modèle économique de ces sociétés est mis à rude épreuve.

Pour SGS, la perte du Congo s'ajoute à un désengagement progressif de Centrafrique et aux incertitudes qui pèsent sur son avenir au Cameroun. La multinationale suisse, qui comptait sur l'Afrique centrale comme un marché stratégique pour ses activités d'inspection pétrolière et de certification, doit aujourd'hui repenser sa présence dans la sous-région.

Au Cameroun, l'issue de la bataille politique autour du Port de Douala déterminera non seulement l'avenir de SGS dans le pays, mais pourrait également avoir des répercussions plus larges sur l'équilibre des pouvoirs au sein du régime du président Paul Biya, qui célèbre ce 13 février son 93e anniversaire.