Actualités of Friday, 27 February 2026

Source: www.camerounweb.com

Coup de théâtre: le camp Courtes sort de sa réserve

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Après le communiqué offensif de la Colombe Sportive du Dja et Lobo dénonçant un arbitrage truqué, la Panthère Sportive du Ndé-Nzuimanto sort de sa réserve. Dans un document signé de son Président du Conseil d'Administration, le club de Bangangté réfute point par point les accusations, retourne les arguments et exige des preuves. Le duel des communiqués est lancé.

La Panthère n'allait pas laisser passer cela sans répondre. Deux jours après la publication du communiqué du Secrétaire Général de la Colombe Sportive du Dja et Lobo — devenu viral sur les réseaux sociaux — la Panthère Sportive du Ndé-Nzuimanto a publié à son tour un document officiel depuis Bangangté, daté du 27 février 2026. Le ton est ferme, la réponse méthodique, et les piques, par moments, cinglantes.


D'entrée, le club du Ndé place le débat sur le terrain de la vérité. Le Président du Conseil d'Administration, les supporters et sympathisants du club se disent "déçus par les déclarations mensongères" contenues dans le communiqué de la Colombe. Accuser l'élite majeure du Département du Ndé d'avoir influencé les arbitres est qualifiée sans détour d'"attaque grave et irresponsable."
Sur le fond, la Panthère apporte un argument de taille : l'élite majeure en question, celle dont la Colombe insinue qu'elle serait allée "causer avec les arbitres" à la mi-temps à Bandjoun, n'était tout simplement pas présente lors du match de la 6e journée entre les deux clubs. "Elle n'était pas à Bandjoun lors du match comptant pour la 6e journée nous ayant opposé à la Colombe du Dja-Elobo, et par conséquent n'a donc pas pu influencer les arbitres comme prétendu", martèle le communiqué. Une défense factuelle qui, si elle se vérifie, vide de sa substance l'une des accusations centrales portées par la Colombe.
Le penalty de la discorde : la Panthère maintient que la décision était juste
Sur la décision arbitrale qui a mis le feu aux poudres au Stade Militaire de Yaoundé, la Panthère ne cède pas un millimètre. Le club affirme que "les images du match relatives à la faute ayant provoqué ledit penalty prouvent à suffisance que la décision de cet arbitre était juste." Et de rappeler une chronologie que la Colombe semble avoir occultée dans son récit : c'est après que le penalty a été transformé, et donc après que le score est passé à 1-1, que la Colombe a décidé de quitter la pelouse. Pas avant. Nuance importante.


C'est sans doute le passage le plus mordant du communiqué de la Panthère. Le club de Bangangté accuse la Colombe d'avoir elle-même bénéficié, par le passé, des largesses arbitrales qu'elle dénonce aujourd'hui. Il cite nommément la finale de la Coupe du Cameroun du 14 décembre 2025 au Stade Ahmadou Ahidjo, lors de laquelle un "penalty généreux" aurait été offert à la Colombe — alors même qu'un penalty en faveur de la Panthère aurait été, lui, refusé. "La mémoire est sélective quand il s'agit de critiquer les autres", tacle le communiqué, avec une ironie à peine voilée.

Au-delà de la réfutation des faits, la Panthère porte une accusation de fond : la Colombe chercherait à "masquer ses contre-performances du début de cette saison sportive derrière de faux alibis et des accusations sans fondement." En d'autres termes, le scandale arbitral ne serait, selon le club du Ndé, qu'un paravent commode pour une équipe en difficulté sportive.
La Panthère exige des preuves formelles des allégations portées contre elle, "condamne fermement cette tentative de salir la réputation du club et de son élite majeure" et se dit "prête à collaborer avec les autorités compétentes pour rétablir la vérité."

Le communiqué se conclut sur une formule qui ressemble à une leçon adressée à l'adversaire : "La Panthère Sportive du Ndé reste attachée aux valeurs de fair-play et de respect, contrairement à certains qui pensent que les résultats justifient les moyens."

Avec ce communiqué, la guerre des mots entre les deux clubs est désormais ouverte sur la place publique. D'un côté, la Colombe qui crie à l'injustice et brandit le spectre de la manipulation. De l'autre, la Panthère qui réclame des preuves et retourne les accusations. Les commissions juridictionnelles de la FECAFOOT, saisies du dossier, auront fort à faire pour démêler le vrai du faux — et rendre une décision qui, quoi qu'il arrive, ne satisfera probablement pas tout le monde.