Actualités of Thursday, 27 August 2026

Source: www.camerounweb.com

Coup d'Etat / Faux décrets, faux ministres : quand l'impatience camerounaise s'invite sur les réseaux sociaux

RFI met en lumière un phénomène révélateur du climat d'attente qui s'est installé au Cameroun : à défaut de gouvernement officiel, une partie de la population s'adonne à la publication de compositions ministérielles fictives sur les réseaux sociaux, un exercice qui a fini par déborder jusqu'à la sphère judiciaire.



Selon les informations de RFI, ces publications de « gouvernements imaginaires », allant du poste de Premier ministre à chacun des portefeuilles ministériels, suscitent à chaque parution de nombreuses réactions en ligne. Un phénomène que le média ne réduit pas à un simple passe-temps : il rapporte l'analyse de l'éditorialiste Parfait Siki, pour qui cette pratique viserait en réalité à écarter certains candidats pressentis, dans un contexte où Paul Biya serait réputé détester voir ses intentions dévoilées à l'avance.

Un canular qui a mené un homme en détention

L'épisode le plus marquant relevé par RFI concerne Johan Adriel Sitchom, un homme jusque-là inconnu du grand public, qui a diffusé le 12 juin de faux décrets présidentiels de nomination sur les ondes de la Cameroon Radio Television (CRTV). L'un de ces textes fictifs allait jusqu'à nommer un vice-président de la République — un poste institué depuis la révision constitutionnelle d'avril dernier, mais qui demeure à ce jour non pourvu. Selon RFI, cet homme se trouve depuis en détention, poursuivi pour « tentative d'atteinte à la sûreté de l'État avec complicités des puissances étrangères ».



En rapprochant cet épisode judiciaire du climat plus large d'attente et de frustration décrit dans son reportage, RFI met en évidence un paradoxe frappant : la sévérité de la réponse pénale apportée à un canular relayé sur les réseaux sociaux, dans un pays où l'incertitude entretenue autour de la composition du gouvernement alimente, chez une partie de la population, un sentiment croissant d'lassitude à l'égard du pouvoir en place. Un contraste qui, selon le média, en dit long sur la sensibilité extrême du palais d'Etoudi à toute anticipation, même fictive, de ses décisions.