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General News of Monday, 21 December 2015

Source: carmer.be

Corruption : Contestations sur la place attribuée à la police


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L’opinion publique remet en cause la première place décernée à la police parmi les administrations les plus corrompues au Cameroun, par l’Ong Transparency International.

Depuis le 09 décembre dernier, l’Ong Transparency International a rendu public son classement 2015 des pays les plus corrompus au monde. De ce classement, il ressort que le Cameroun occupe le deuxième rang en Afrique derrière le Libéria. Cette position honteuse occupée par le pays de Paul Biya n’est pas restée sans réactions au sein de l’opinion publique. Une bonne partie d’observateurs reconnait que la corruption est fortement ancrée dans les moeurs des Camerounais.

Difficiles en ce moment de bénéficier d’un service pourtant gratuit sans avoir déboursé un pot de vin. Ceci est, selon ces derniers, le résultat de l’échec des institutions mises en place par le président de la République pour combattre très efficacement la corruption au Cameroun. C’est au niveau du classement des administrations les plus corrompues qu’une bonne partie de l’opinion publique semble ne pas être d’accord avec le classement de Transpercy qui hisse la police nationale au premier rang talonnée de près par les impôts et le monde des affaires. Ceux qui contestent ce classement estiment que la police ne saurait être l’administration la plus corrompue au moment où les secteurs tels que les Finances qui sont le passage obligé de tous les fonctionnaires.

Des agents rentrent chez eux avec environ 500 mille en une journée. Les patrons par contre envoisinent le million, les transports, la douane, les impôts tout comme le secteur éducatif donnent du fil à retordre aux usagers qui souhaitent y bénéficier d’un service. En effet, la corruption dans le secteur des transports a atteint des proportions inquiétantes. Difficile aujourd’hui d’inscrire un élève dans un établissement scolaire sans que cela ne coute des frais qui entrent directement dans les poches des chefs d’établissement. Malgré la suppression des frais de scolarité dans le secteur public par le président de la République au niveau des écoles primaires, de nombreux autres frais sont exigibles pour déposséder les parents d’élèves.

Dans les frontières, la douane camerounaise règne en maître absolu. Malgré les bons résultats réalisés en termes de contributions, il reste que les observateurs ont toujours dénoncé avec la dernière énergie d’importantes fortunes amassées par des agents. Cela dit, ce que ces derniers verseraient dans les caisses de l’Etat, ne seraient qu’une infime partie de ce qu’ils auraient perçu. Même son de cloche pour ce qui est des agents des impôts classés deuxième derrière la police camerounaise. De nombreux duplex qui poussent comme des champignons dans des quartiers huppés du Cameroun appartiennent aux fonctionnaires des impôts. Certes, il ne s’agit pas ici d’affirmer que la police soit exempte de tout reproche, même s’il faut saluer les efforts consentis par le Dgsn pour bouter hors de ce corps la corruption. Il en existe de nombreuses brebis galeuses qui continuent de ternir l’image de la police. Il s’agit simplement de dire que la police, avec ces efforts du Dgsn, ne saurait occuper la première place. Bien plus, il peut également avoir des choses à redire sur le casting des personnes interrogées.

Très peu de personnes de la grande classe sont confrontées aux agents de police. Se limiter par exemple à interroger des personnes de la basse classe ne peut aboutir qu’à l’incrimination des services qui sont à la portée de tous. Mais cela ne remet pas totalement en cause le travail de Transparency international surtout au regard des propositions faites pour que le Cameroun sorte de la corruption. Entre autres propositions : La ratification de la convention de l’Union africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption, l’adoption d’une loi anti-corruption qui réprimande l’enrichissement illicite, la mise en application de l’art 66 sur la déclaration des biens, le gouvernement doit mettre en place des mesures strictes pour lutter contre la corruption des agents de la police et des impôts, rendre indépendantes les actions des différents organes de lutte contre la corruption, renforcer l’intégrité dans toutes les administrations publiques, protéger des dénonciateurs et garantir l’indépendance du pouvoir judiciaire.

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