Par décret N°2026/334 du 16 octobre 2026, Paul Biya a nommé le magistrat chevronné, natif de la Mefou et Akono, 12 jours seulement après le décès de Clément Atangana, originaire du Nyong et So'o, le 4 octobre 2026 à Paris.
Magistrat hors hiérarchie, Nama Remy est le 2ème président de l'histoire du Conseil constitutionnel depuis sa création effective en 2018. Avant sa nomination, il était l'homme de l’ombre d'Étoudi. Originaire de Mbankomo, dans le département de la Mefou-et-Akono, à 30 kilomètres de Yaoundé, c’est un fils de la région du Centre qui était chargé de missions à la présidence de la République (PRC), Conseiller chargé des affaires juridiques au secrétariat général de la PRC.
À la Division des affaires judiciaires au SGPR, c'est lui qui sécurisait juridiquement les plus gros dossiers de l'État. Il totalise 32 années de service au sein de cette institution. Autres casquettes moins connues : représentant de la présidence au Conseil d'administration du Parc national de matériel de génie civil (Matgenie) et à l'Agence de promotion des PME (APME). Il est également cité dans les coulisses de plusieurs grands dossiers au sein du port autonome de Douala (PAD), comme expert juridique.
Né le 1er octobre 1957 à Obala, Rémy Nama est âgé de 69 ans. Ancien élève de l’École nationale d’administration et de magistrature (Enam), il a commencé sa carrière à Bertoua comme substitut du procureur de la République, avant d’exercer les fonctions de juge à Garoua.
Il a ensuite rejoint le ministère de la justice, à Yaoundé, comme chef du service de l’exécution des peines. Désormais, en période électorale, c’est lui qui contrôle la constitutionnalité des lois ; gère le contentieux électoral ; proclame les résultats définitifs de la Présidentielle. Il succède à Clément Atangana, originaire du Nyong et So'o, dans la région du Centre, qui a marqué l'institution avec ses fameux "irrecevable" et "non fondé" en 2018 et 2025.
Avec lui, Paul Biya ne nomme pas un juge venu de l'extérieur. Il nomme un homme qui connaît la machine de l'intérieur. Un gardien du système, pas un arbitre venu d'ailleurs. Pour certains observateurs, c'est la garantie de la continuité et de la compétence. Pour d'autres, c'est la preuve que le Conseil constitutionnel restera verrouillé par Étoudi.
Homme discret, juriste pointu, fidèle du palais... sera-t-il le président qui va rassurer ou celui qui va encore plus diviser ? Il a été nommé en même temps que Abdoulaye Daouda comme nouveau membre du Conseil (décret N°2026/333), qui a remplacé Bah Oumarou Sanda, décédé en août dernier. L'intérim était assuré depuis le 7 octobre par le Pr Paul Nchoji Nkwi, 86 ans, doyen d'âge.
« Je tiens à exprimer ma plus profonde gratitude à l’endroit de Son Excellence monsieur Paul Biya, président de la République, chef de l’État, pour la haute confiance qu’il a bien voulu placer en ma personne en me nommant au poste de président du Conseil constitutionnel du Cameroun. Cette prestigieuse nomination est à la fois un honneur insigne et une immense responsabilité. Elle m'engage à servir notre Nation avec rigueur, impartialité, loyauté et dans le respect strict des lois de la République. Je mesure pleinement l'importance des missions qui m'attendent au service de la justice, de la démocratie et de la paix dans notre cher pays, le Cameroun. Ensemble, continuons d'œuvrer pour le rayonnement de nos institutions républicaines » a-t-il écrit dans son message de remerciements au président de la République.
Source : L’Indépendant n°1073 du 20 octobre 2026









