Actualités of Monday, 9 March 2026

Source: www.camerounweb.com

Conseil Régional du Sud : le Gouverneur refuse d'approuver les comptes 2024 et alerte Yaoundé sur une dette bancaire occultée

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Une correspondance officielle datée du 4 mars 2026, signée par le Gouverneur de la Région du Sud, Félix Nguele Nguele, et adressée au ministre de la Décentralisation et du Développement local, Georges Elanga Obam, vient de jeter une lumière crue sur la situation financière du Conseil Régional du Sud. En quelques pages, l'Administrateur Civil Principal Hors-Échelle dresse le portrait d'une institution en proie à des irrégularités budgétaires majeures, héritées de la précédente mandature.


Le premier signal d'alarme est net : le compte administratif de l'exercice 2024 n'a pas reçu l'approbation du Gouverneur. La raison ? Des irrégularités substantielles constatées dans les comptes, qui violent les principes fondamentaux de sincérité et de transparence budgétaires.

Au cœur du problème : la non-prise en compte d'une dette contractée auprès de Bange Bank. En d'autres termes, le Conseil Régional aurait effacé de ses livres de comptes une obligation financière réelle envers un établissement bancaire — une manipulation qui fausse l'image de la situation financière de l'institution et trompe les autorités de tutelle.

Mais ce n'est pas tout. Le document officiel évoque également la disparition de certaines recettes propres du Conseil Régional dans les écritures budgétaires — notamment les revenus générés par la location du matériel de génie civil, pourtant dûment enregistrés durant l'exercice 2024. Des recettes qui ont été générées, mais que l'on ne retrouve plus dans les comptes : une anomalie qui soulève de sérieuses questions sur la destination de ces fonds sous la précédente mandature conduite par MVE ELEMVA.


La gravité des faits signalés par le Gouverneur dépasse le simple dysfonctionnement administratif. Une dette bancaire occultée et des recettes propres disparues des comptes officiels constituent des éléments qui, s'ils étaient confirmés par un audit, pourraient relever de la gestion de fait, voire de détournement de fonds publics.

En transmettant ces informations au ministère — avec copies au MINETAT/SGPR, au MINAT et au MINFI —, Félix Nguele Nguele place officiellement la situation sous le radar des plus hautes autorités de l'État, sollicitant des « mesures d'encadrement ou de contrôle jugées appropriées ».