Dans une tribune cinglante, Claude Stéphane Ngue répond à Alain Denis Ikoul et dénonce l'hypocrisie d'un blogueur qui, après avoir prospéré sur le conflit "hiboux vs églisiens", tente aujourd'hui de le relancer par opportunisme. Une charge sans concession contre celui qui est accusé de vouloir diviser les Camerounais au moment où le pays est soudé derrière ses Lions Indomptables.
RÉPONSE À UNE INDIGNATION SÉLECTIVE ET TARDIVE, ALAIN DÉNIS : NON TU NE VAS PLUS DIVISER LES CAMEROUNAIS
Il est toujours saisissant de voir un pyromane reconverti en pompier venir disserter, la larme civique à l’œil, sur les ravages d’un incendie qu’il a lui-même contribué à allumer, attiser et rentabiliser. La récente sortie d’Alain Denis Ikoul relève précisément de cet exercice de contorsion morale : une posture indignée qui dissimule mal une amnésie volontaire et une hypocrisie intellectuelle consommée.
Qu’il soit rappelé, sans détour ni complaisance, qu’Alain Denis Ikoul fut l’un des tout premiers bénéficiaires actifs du conflit dit hiboux vs églisiens. Bien avant de le dénoncer aujourd’hui comme une tragédie nationale, il en fut l’un des entrepreneurs zélés, s’y abreuvant allègrement, s’en mettant plein les poches, transformant la division du peuple camerounais en fonds de commerce personnel. À l’époque, ce conflit n’était ni une maladie sociale ni une dérive dangereuse : il était une opportunité financière, un filon rentable, un levier de visibilité et de survie matérielle.
C’est d’ailleurs cette trajectoire qui explique son raisonnement bancal d’aujourd’hui. Parce qu’il a longtemps écrit contre rémunération, parce que sa plume a souvent obéi à la logique du portefeuille plutôt qu’à celle de la conscience, il lui est désormais impossible d’imaginer que d’autres puissent critiquer, dénoncer ou interpeller sans contrepartie financière. Dans son logiciel mental, toute voix dissonante est nécessairement achetée. Toute indignation est suspecte. Toute critique est tarifée. Il oublie, ou feint d’oublier, que tout le monde n’a pas la mentalité du blogueur à gage, ni cette habitude de l’écriture subjective calibrée pour satisfaire un porteur.
Sa sortie actuelle n’est donc pas un acte de lucidité, mais le symptôme criant de la difficulté dans laquelle il se trouve aujourd’hui au Maroc. En panne de porteurs, en manque de relais, confronté à l’essoufflement d’un narratif qui l’a longtemps nourri, Alain Denis Ikoul tente un recyclage désespéré : relancer artificiellement le conflit hiboux vs églisiens, espérant raviver une guerre qui, jadis, lui assurait subsistance et centralité médiatique.
Mais le contexte a changé. Profondément.
Les acteurs qu’il a autrefois menés en bateau, joueurs comme administrateurs, ont ouvert les yeux. La vérité, brutale et sans fard, les a rattrapés. Résultat :
– d’un côté, un joueur cadre hier encore omniprésent, réduit aujourd’hui au statut de téléspectateur de la CAN ;
– de l’autre, un ministre qui voit son fauteuil vaciller dangereusement à l’horizon d’un prochain remaniement.
Dès lors, plus personne n’est disposé à sortir de l’argent pour entretenir une guerre stérile dont les coûts politiques, sportifs et symboliques sont désormais évidents. Le robinet s’est fermé. Et avec lui, la prose belliqueuse perd soudain sa rentabilité.
C’est précisément à cet instant, alors que les Camerounais sont majoritairement soudés derrière les Lions Indomptables, qu’Alain Denis Ikoul choisit de jeter l’huile sur le feu, de fabriquer une polémique inutile, de convoquer les vieux démons de la division. Ce geste n’a rien d’analytique ni de courageux. Il est anti-patriotique, d’une bassesse absolue, et traduit une famine intellectuelle et matérielle à peine voilée.
À défaut d’inspiration, à défaut de crédibilité renouvelée, il eût été plus digne — et surtout moins nuisible — de lancer un nouveau letchi, plutôt que de livrer au public cette sortie ignominieuse, saturée de ressentiment, de calculs obsolètes et de nostalgie d’un conflit qui ne nourrit plus personne.
L’histoire est cruelle mais juste : quand la division ne paie plus, ceux qui en vivaient crient à la morale. Le Cameroun, lui, avance. Et n’a plus besoin de ces marchands de discorde recyclés en donneurs de leçons.
L'œil Républicain
Claude Stéphane Ngue









