Actualités of Monday, 11 May 2026

Source: www.camerounweb.com

Comment le régime de Paul Biya a tué Patrick Ndangoh alors qu‘il sortait bientôt de prison

Image illustrative Image illustrative



COMMENT LE RÉGIME DE PAUL BIYA A TUÉ PATRICK NDANGOH ALORS QU‘IL SORTAIT BIENTÔT DE PRISON

S’il y a quelque chose que le régime du tyran Paul BIYA sait parfaitement faire, c’est éliminé systématiquement tous ceux qui sont contre lui. En dehors de Anicet EKANE, Me Sylvain SOUOP, l’artiste SALA BEKONO qui avait virulemment fustigé Paul BIYA dans son titre Mot Nnam, Puis NJAWE etc, cette fois-ci c’est Patrick NDANGOH qui a été ciblé par ce régime.

Patrick NDANGOH était un prisonnier politique de la crise anglophone que j’ai eu l’occasion de côtoyer et de rencontrer pendant mon séjour carcéral à la prison principale de Kondengui. C’était un homme très altruiste et ouvert. Un ami en commun au nom de Armel Kamtche avait d’ailleurs abusé de sa générosité lorsque nous étions en prison, en lui escroquant plus d‘un million de Fcfa. Jusqu’à sa mort, Partick partageait le même local que SIDIKU AYUK Tabe, Martin SAVOM, Achille ZOGO ANDELA etc. Durant mes 2 ans de prison, je discutais régulièrement avec Patrick. Il m’a fait le récit des sévices corporels et des traitements inhumains que le régime de BIYA lui a infligé dès son arrestation jusqu’à son passage au Sed, puis sa détention à la prison principale oú il est finalement décédé le week-end dernier après avoir lutté pendant plus de 8 mois contre des problèmes de santé. Il rend l’âme après avoir passé environ 10 ans de prison. Après sa premier condamnation, il saisit la cour suprême qui a récemment réduit sa peine à 10 ans de prison. C’est dire que Patrick devait recouvré la liberté dans les mois qui suivent.

Il tombe malade il y a huit mois mais malheureusement ne bénéficie pas d’une prise en charge adéquate. Il est abandonné dans sa couchette à la prison principale de Kondengui malgré les multiples relances faites par ses amis politiques, notamment les AYUK TABE et autres pour qu’il soit au moins pris en charge dans un hôpital en l’extérieur. Lorsque son cas se complique, c’est en ce moment que les responsables de la prison l’amène faire une visite éclaire dans une clinique située au quartier Simbock à Yaoundé. Après cette visite, il est immédiatement ramené à la prison principale mais cette fois-ci abandonné à l’infirmerie de la prison située en face de la cellule de AMOUGOU BELINGA. C’est où Patrick a finalement tiré sans révérence. Une intervention rapide et efficiente aurait vu sauver Patrick. Mais, par méchanceté, le régime de BIYA l’a laissé mourir à petit feu.

Patrick était un symbole de la résistance anglophone contre la marginalisation et l’assimilation par le système dominé par le régime de BIYA.

Il a été arrêté entre 2016 et 2017 et détenu au siège de la gendarmerie nationale, puis transféré à Kondengui où il est finalement décédé.

Patrick NDANGOH n’était ni un voleur ni un individu sans importance arrêté dans une affaire d’escroquerie. Il n’était pas un terroriste. Cet homme était autrefois conseiller municipal du SDF. Un élu dont la voix était respectée par et au sein de sa communauté. Un chef d’entreprise qui avait construit sa vie de manière responsable et qui avait certainement une famille admirant ses principes et souhaitant les imiter.

Il a été jeté dans des conditions qui ont conduit à sa lente et douloureuse fin. Sa mort ajoute une autre couche d’amertume et de blessure pour les anglophones, déjà épuisés et meurtris.

La vie de Patrick NDANGOH a été gaspillée en prison par le régime de BIYA et personne d’autre. Un endroit où il n’avait absolument rien à faire. Ses opinions étaient légitimes et restent pertinentes. Il a été indûment exposé à la saleté et à l’insalubrité des centres de détention camerounais.

Les prisons au Cameroun sont d’une insalubrité infernale et surpeuplées. La prison centrale de Kondengui par exemple compte plus de 4 500 détenus alors qu’elle avait été construite pour 700 personnes, dépassant ainsi de plus de 6 fois sa capacité.

Le décès de NDANGOH laisse sa famille, ses proches et la communauté anglophone dans la tristesse et le choc, tandis que le régime poursuit sa trajectoire extrémiste, laissant derrière lui une trace de sang, de mort et de désolation anglophones, tout en continuant d’éviter d’affronter le délicat problème anglophone.

Paul Chouta