Actualités of Monday, 1 June 2026

Source: www.camerounweb.com

Classement: le Cameroun absent dans le Top 20, une gifle pour Paul Biya

Selon un classement de la Banque africaine de développement (BAD) couvrant la période 2010-2024, le Cameroun ne figure pas parmi les 20 pays les plus industrialisés du continent. Un constat préoccupant pour un pays qui se rêvait en émergence, alors que ses voisins et d'autres nations africaines progressent dans l'indice de performance industrielle. Sur les 20 premières places, le Maroc arrive en tête, suivi de l'Afrique du Sud et de l'Égypte, tandis que le Cameroun reste à quai.



La Banque africaine de développement (BAD) a récemment publié son classement des pays les plus industrialisés d'Afrique sur la période 2010-2024. Le Maroc occupe la première place avec un score de 0,8415 points, devant l'Afrique du Sud (0,8396) et l'Égypte (0,7827). La Tunisie, Maurice, l'Algérie et l'Eswatini complètent le top 7. La Côte d'Ivoire (10e), le Kenya (11e), le Gabon (12e) et le Nigeria (14e) figurent également dans ce palmarès. Mais une absence interpelle : celle du Cameroun.


Avec un score qui ne lui permet pas d'intégrer le top 20, le Cameroun se retrouve à la traîne sur le plan industriel. Ce classement met en lumière une régression préoccupante pour un pays qui ambitionnait pourtant l'émergence à l'horizon 2035. Pendant que des nations comme le Sénégal (8e), la Namibie (9e) ou encore l'Ouganda (16e) progressent, le Cameroun semble stagner, voire reculer.


Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette situation : un tissu industriel fragile, dominé par quelques grandes entreprises (Beverage, CIMENCAM, etc.), un secteur manufacturier peu diversifié, des infrastructures énergétiques insuffisantes, et un environnement des affaires encore contraignant. Alors que la BAD promeut l'industrialisation comme levier de développement et de création d'emplois pour les jeunes, le Cameroun semble peiner à saisir cette dynamique.


Les experts s'accordent sur la nécessité de repenser la politique industrielle camerounaise, d'investir dans les zones économiques spéciales, de soutenir les petites et moyennes industries locales, et d'améliorer le climat des affaires pour attirer les investisseurs. À défaut, le pays risque de continuer à regarder passer le train de l'industrialisation africaine.