La coupure du signal lors du discours du Pape Léon XIV au palais de l’Unité continue de susciter des réactions. Cet incident est considéré comme un problème de gouvernance plutôt qu’un simple incident technique. Cette position est soutenue par le leader du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN). Dans une sortie sur les réseaux sociaux, le député Cabral Libii souligne d’abord les contradictions entre les versions de la CRTV et de CAMTEL, révélant un manque de coordination, une défaillance dans la chaîne de responsabilité ou une incapacité à assumer les erreurs. Il estime que l’incident est surtout dû à une impréparation, considérée comme une faute à ce niveau. Il insiste sur le fait que le véritable problème ne réside pas tant dans les infrastructures que dans leur gestion défaillante par les institutions publiques. Pour éviter de pareils incidents à l’avenir, Cabral Libii propose plusieurs solutions concrètes : améliorer la coordination avec un protocole national de diffusion, intégrer des technologies satellitaires comme solution de secours, créer un centre de supervision dédié et ouvrir le secteur à plus de concurrence technologique.
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La rupture du signal lors de la retransmission de la visite du Pape le 15 avril 2026 est selon toute vraisemblance, moins un incident technique qu’un incident de coordination. D’un côté, la CRTV évoque une défaillance de la fibre optique. De l’autre, CAMTEL (qui n’a pas été citée) nie toute responsabilité et renvoie à des choix techniques foireux internes à la CRTV. Conclusion : l’État parle avec deux voix.
Mais laquelle dit toute la vérité ? Quand deux institutions publiques stratégiques se contredisent publiquement, au-delà de la fébrilité du moment due au retentissement et au malaise, cela traduit de toute évidence :
• soit une incompétence dans la coordination;
• soit une défaillance dans la chaîne de responsabilité;
• soit simplement un refus d’assumer, ce qui à ce niveau de responsabilité ne devrait quand même pas prendre l’envergure publique qui nous a été servie.
Le bon côté de l’affaire est que, les communiqués révèlent en fait qu’il s’est davantage agi d’une impréparation. Et à ce niveau-là, l’impréparation est évidement une faute. Ceux qui ont les compétences y afférentes, sauront la corriger.
En tout cas, il y a lieu d’espérer que la panne nationale ne se dilue pas dans des communiqués. Car les communiqués nous montrent bien que ce ne sont pas les infrastructures techniques qui ont tant fait défaut, mais c’est la gouvernance qui devait les faire fonctionner qui a fait défaut.
Alors, au lieu de débattre à travers des communiqués, voici ce que nous proposons à l’Etat du Cameroun en notre qualité de Député :
1. La mise en place d’un protocole national de diffusion, assorti d’un Standard National de Diffusion des Événements Stratégiques, avec :
• obligation de double voire triple routage des signaux;
• validation technique préalable par une cellule technique indépendante ;
• simulation de crise avant chaque grand événement.
2. L’intégration de solutions satellitaires modernes de type Starlink que nous avons proposé au MINPOSTEL déjà à l’Assemblée Nationale.
Il faut le dire clairement. Le Cameroun doit diversifier ses infrastructures avec le satellite de basse altitude. Les solutions comme Starlink permettent en effet :
• une connexion indépendante des réseaux terrestres ;
• une latence faible compatible avec le live ;
• une mise en œuvre rapide en situation critique.
Plusieurs pays autour du Cameroun ont déjà mis en place ce dispositif.
Mais évidemment, Starlink ou toute autre solution semblable n’est pas une solution miracle. C’est une couche de sécurité supplémentaire.
D’ailleurs qu’en est-il des câbles sous-marins dont certains points d’atterrissement sont encore fantômes?
3. La création d’un Centre National de Supervision des Diffusions. Un organe technique unique chargé de :
• coordonner CAMTEL, le média accrédité et les opérateurs privés;
• superviser en temps réel les flux critiques;
• déclencher automatiquement les bascules de secours.
4. L’ouverture contrôlée à la concurrence technologique.
Il est temps de sortir du monopole psychologique en permettant à plusieurs opérateurs (nationaux et internationaux) de contribuer aux infrastructures critiques, sous supervision de l’État. Car, la souveraineté si souvent brandie comme prétexte, ne saurait se confondre avec l’isolement technologique, du moins tant que le Cameroun ne s’est pas encore octroyé un dispositif satellitaire souverain tel que nous le préconisons dans notre offre politique.
J’ai fait ma part !
Cabral Libii.>>









