Une note peut influencer le coût auquel un État, une banque ou une entreprise emprunte. Créer une agence régionale répond à un manque ; l’utilité viendra seulement si elle sait publier une opinion déplaisante à celui qui la paie.
À Douala, la présidente de la COSUMAF, Jacqueline Adiaba Nkembe, a posé les conditions de crédibilité de la notation financière en Afrique centrale : sécurité juridique, méthodes rigoureuses, indépendance et protection des investisseurs. Le forum des 28 et 29 octobre était organisé par GIC Rating, première agence de notation agréée dans la CEMAC depuis le 7 août 2026.
L’agence arrive avec un avantage de proximité : elle peut intégrer les réalités institutionnelles, sectorielles et monétaires de la sous-région. Mais elle n’a encore publié aucune note. Le risque classique est celui du modèle « émetteur-payeur », où l’entité évaluée rémunère l’agence. Des comités indépendants, la publication des méthodes, la rotation des analystes et la gestion stricte des conflits d’intérêts seront indispensables.
Une notation n’est ni une garantie de remboursement ni une recommandation d’investissement. Elle réduit l’asymétrie d’information à condition de s’appuyer sur des comptes fiables et de réviser rapidement son opinion lorsque les faits changent.
La COSUMAF devra surveiller les performances historiques et les éventuels écarts entre catégories de risque. Pour les PME camerounaises, l’outil pourrait ouvrir le marché obligataire ; son coût et ses exigences ne doivent toutefois pas créer une nouvelle barrière à l’entrée.









