Actualités of Thursday, 6 August 2026

Source: www.camerounweb.com

CONFIDENTIEL : seul Washington sait actuellement l'état de Paul Biya, les grandes manœuvres en cours

Au-delà des chancelleries, c'est un autre monde qui observe avec attention l'absence prolongée de Paul Biya : celui des marchés financiers internationaux. Une enquête de Jeune Afrique révèle l'ampleur des interrogations que suscite cette situation auprès des acteurs économiques et financiers ayant des intérêts au Cameroun.



Jeune Afrique rapporte, à partir d'une source travaillant au sein d'une agence de notation contactée à Paris, que des fonds d'investissement privés multiplient les sollicitations pour obtenir des informations précises sur l'état de santé réel du président camerounais. Une demande légitime du point de vue de l'évaluation du risque pays, mais qui se heurte, selon l'enquête, à une difficulté de taille : même les autorités suisses, sur le territoire desquelles réside actuellement Paul Biya, ne disposeraient que d'un aperçu limité de sa situation exacte à Genève.



L'élément le plus frappant de cette enquête de Jeune Afrique tient à la mention d'un acteur resté jusque-là discret dans ce dossier : les États-Unis. Selon le magazine, les Américains, qui auraient renforcé leur position au sein même de l'entourage sécuritaire du président camerounais, seraient les seuls à disposer aujourd'hui d'une lecture réellement précise de la situation à Genève. Une information qui, si elle se confirme, en dirait long sur le degré de pénétration des services américains dans le dispositif sécuritaire rapproché d'un chef d'État pourtant réputé pour la sensibilité de son premier cercle.



Ce que cette enquête de Jeune Afrique met en évidence, c'est la difficulté structurelle, pour les milieux financiers, à quantifier un risque politique dont les données de base — la santé réelle du chef de l'État, la solidité de la chaîne de commandement institutionnelle — restent elles-mêmes incertaines. Une situation qui pourrait, à terme, peser sur la perception du risque souverain camerounais auprès des investisseurs internationaux, à un moment où le pays a pourtant besoin de la confiance de ses partenaires financiers pour poursuivre ses grands projets d'infrastructure.