Jeune Afrique révèle les détails des tractations entre le Saint-Siège et le Cameroun pour organiser ce déplacement inédit
L'annonce de la visite prochaine du pape Léon XIV au Cameroun cache plusieurs mois de négociations diplomatiques intenses entre le Vatican et Yaoundé. Jeune Afrique a pu reconstituer les étapes clés de ces discussions qui ont abouti à cet accord historique.
Selon les informations exclusives obtenues par Jeune Afrique, c'est le Secrétariat d'État du Vatican, véritable ministère des Affaires étrangères du Saint-Siège, qui a pris l'initiative de ce voyage dès l'été 2025. Le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'État, aurait personnellement contacté son homologue camerounais pour évoquer cette visite. L'objectif affiché du Vatican, révèle Jeune Afrique, serait de renforcer la présence de l'Église catholique en Afrique centrale, dans un contexte de concurrence accrue avec les Églises évangéliques.
Les sources diplomatiques contactées par Jeune Afrique indiquent que le choix du Cameroun ne doit rien au hasard. Le pays, avec ses 8 millions de catholiques, représente un bastion stratégique pour Rome dans la région. De plus, Jeune Afrique a appris que le Vatican souhaite ainsi marquer son soutien à une nation confrontée à des défis sécuritaires majeurs, notamment dans les régions anglophones.
Jeune Afrique révèle que les négociations ont achoppé pendant plusieurs semaines sur des questions protocolaires et logistiques. Le Vatican a imposé des conditions strictes concernant la sécurité du souverain pontife, exigeant la mise en place d'un dispositif équivalent à celui déployé lors des visites présidentielles de haut niveau.
Selon nos informations, Rome a également demandé des garanties sur les lieux de célébration des messes et des rencontres avec les fidèles. Le Vatican souhaite que le pape puisse s'adresser à des foules importantes, ce qui nécessite des infrastructures adaptées. Jeune Afrique a appris que le stade Ahmadou Ahidjo de Yaoundé, d'une capacité de 40 000 places, figure parmi les sites retenus pour la messe pontificale principale.
L'aspect le plus délicat des négociations, révèle Jeune Afrique, concerne l'articulation entre la visite papale et le calendrier électoral camerounais. Nos sources au sein du gouvernement camerounais indiquent que Yaoundé a dû jongler entre plusieurs impératifs : respecter les délais constitutionnels pour les élections, éviter que la visite papale ne soit instrumentalisée politiquement, et satisfaire les exigences du Vatican concernant les dates.
Jeune Afrique a découvert qu'une des craintes majeures du gouvernement était que l'opposition utilise la présence du pape pour mobiliser les foules et contester le pouvoir en place. D'où la nécessité, selon nos informations, de programmer cette visite dans une fenêtre étroite, avant le début officiel de la campagne électorale.
Au-delà de l'aspect religieux, Jeune Afrique révèle que cette visite papale comporte une dimension géopolitique importante. Le Vatican chercherait à renforcer son influence en Afrique francophone, face à la montée en puissance des Églises protestantes et évangéliques qui grignotent progressivement les parts de marché du catholicisme.
Nos sources vaticanes, contactées par Jeune Afrique, confirment que le pape Léon XIV souhaite faire de l'Afrique une priorité de son pontificat. Ce déplacement au Cameroun pourrait être le premier d'une série de visites sur le continent, avec dans le viseur des pays comme le Congo-Brazzaville, le Gabon ou encore la Côte d'Ivoire.
La prochaine étape, selon les informations de Jeune Afrique, sera la publication officielle des dates exactes par le Vatican, attendue dans les prochaines semaines une fois que tous les détails logistiques auront été finalisés.









