Actualités of Tuesday, 17 February 2026

Source: www.camerounweb.com

CONFIDENTIEL: le deal secret entre Paul Biya et Trump

Une révélation du New York Times vient de plonger le gouvernement camerounais dans un silence embarrassant. Neuf migrants sans papiers, expulsés des États-Unis, seraient actuellement détenus dans un centre de rétention à Yaoundé. L'absence totale de communication officielle des autorités camerounaises sur cette affaire nourrit les spéculations sur l'existence d'un accord financier conclu en toute discrétion avec Washington.


C'est le quotidien américain The New York Times qui a levé le voile sur cette opération menée loin des caméras. Selon ses informations, les neuf migrants concernés — parmi lesquels figureraient des ressortissants du Ghana et du Zimbabwe, et non uniquement des Camerounais — avaient pourtant bénéficié d'une protection judiciaire dans l'État de Louisiane avant d'être menottés et transférés discrètement vers le Cameroun. À leur arrivée, ils ont été placés en détention dans un camp à Yaoundé, sans qu'aucune annonce officielle ne soit faite par les autorités camerounaises sur les conditions de leur accueil, ni sur les motifs juridiques de leur rétention.


Ce qui interpelle davantage encore, c'est la situation de ces migrants originaires d'États tiers. Le Ghana et le Zimbabwe étant leurs pays d'origine, leur présence sur le sol camerounais soulève une question centrale : sur quelle base juridique Yaoundé peut-il les retenir, et vers quelle destination sont-ils censés être renvoyés ? Selon les informations disponibles, les personnes expulsées ne pourraient quitter le site de détention qu'à condition d'accepter un retour vers leurs pays d'origine respectifs.

Le New York Times rappelle que l'administration Trump a, par le passé, versé plus de 22 milliards de FCFA — soit environ 40 millions de dollars — à certains pays en développement dans le cadre d'accords similaires de coopération en matière de déportation. Dans le cas du Cameroun, aucun chiffre, aucun engagement, aucune déclaration n'a filtré. Ni du côté de Yaoundé, ni du côté de Washington.


Ce silence contraste avec la brutalité des faits décrits : des hommes menottés, transférés de nuit, privés du bénéfice de protections judiciaires pourtant accordées par un tribunal américain. Pour plusieurs observateurs, ce schéma ne peut s'expliquer que par l'existence d'un accord bilatéral dont les termes auraient été délibérément soustraits au débat public.
Le Cameroun dans l'agenda migratoire de Trump
Cette affaire s'inscrit dans un contexte plus large. Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump a fait de la lutte contre l'immigration irrégulière l'un des marqueurs les plus visibles de sa politique étrangère. Plusieurs pays africains ont déjà fait les frais de cette orientation : Washington a récemment gelé la délivrance de visas américains à de nombreux ressortissants du continent, dans le cadre d'une pression accrue visant à contraindre les États à accepter le retour de leurs nationaux expulsés.

Que le Cameroun ait pu conclure, dans ce contexte, un accord de ce type n'aurait rien d'aberrant sur le plan diplomatique. Ce qui pose problème, c'est l'absence totale de transparence. À ce jour, le gouvernement camerounais n'a formulé aucun commentaire public sur les révélations du New York Times. Aucun communiqué, aucune conférence de presse, aucune réaction officielle.

Dans les milieux de la société civile et parmi les défenseurs des droits humains, ce mutisme est perçu comme une forme de confirmation implicite. Si les autorités n'avaient rien à cacher, estiment-ils, elles auraient depuis longtemps éclairé l'opinion sur les circonstances de cette opération. Le sort de ces neuf personnes — dont certaines fuyaient des poursuites dans leurs pays d'origine — mérite, à tout le moins, une réponse officielle.

Les questions sont désormais posées. Yaoundé a-t-il monnayé son territoire comme point de transit ou de rétention pour des migrants expulsés des États-Unis ? Sur quelles bases juridiques ces personnes sont-elles détenues ? Et à quel prix, s'il en est un, la coopération camerounaise a-t-elle été acquise ?