Actualités of Friday, 6 March 2026

Source: www.camerounweb.com

CONFIDENTIEL : Voici ce que Paul Biya s’apprête à changer dans la constitution

Elle va modifier en profondeur le fonctionnement des institutions de la République Elle va modifier en profondeur le fonctionnement des institutions de la République

Depuis l’annonce de la révision constitutionnelle que le régime RDPC s’apprête à opérer, les langues se délient au sein du système pour révéler les vraies raisons de cet acte majeur dans la vie de la nation camerounaise. Cette nouvelle constitution, une fois adoptée, va modifier en profondeur le fonctionnement des institutions de la République camerounaise.


Paul Biya s’apprête-t-il à changer la Constitution ?

C’est une information qui circule avec insistance dans les hautes sphères du pouvoir à Yaoundé. Selon plusieurs sources concordantes, le président Paul Biya pourrait lancer dans les prochains jours une réforme de la Constitution. Ce projet, secret et technique, est prêt. Il pourrait modifier en profondeur le fonctionnement de l’État camerounais.

Un vieux projet qui refait surface

L’idée de changer la Constitution date de loin. Elle circulait déjà avant l’élection présidentielle d’octobre 2025, sans jamais être officiellement confirmée par le pouvoir. Aujourd’hui, l’horizon politique est plus dégagé, et le calendrier électoral ne bloque plus ce chantier.

Notre journal a pu consulter des documents confidentiels qui confirment que le projet est désormais "techniquement prêt". Depuis plus d’un an, une petite équipe travaille sur ce texte dans l’ombre, à la présidence de la République.

Qui prépare cette réforme ?

Les travaux sont pilotés par un homme clé du régime : Ferdinand Ngoh Ngoh, le secrétaire général de la présidence. Il est assisté par un cercle très restreint de spécialistes. On trouve parmi eux Jean-Claude Awala Wodougue, le conseiller juridique du président, et le politiste Luc Sindjoun. Ils sont entourés de quelques experts en droit constitutionnel.

Selon nos informations, les grandes lignes de la réforme sont déjà décidées. La question n’est plus de savoir si elle aura lieu, mais quand.

Comment cela va-t-il se passer ?

Le président peut convoquer une session extraordinaire du Parlement pour discuter de ce projet. C’est ce que prévoit l’article 63 de la Constitution. Pour être adoptée, la réforme devra être votée par les députés et les sénateurs à la majorité des trois cinquièmes.

Qu’est-ce qui va changer ?

Le projet de loi est vaste. Il touche à plusieurs domaines.

1. L’organisation du territoire

L’État veut continuer la décentralisation, commencée en 2019. Plusieurs idées sont sur la table :
• Augmenter le nombre d’élus locaux et nationaux (députés, sénateurs).
• Créer de nouvelles communes et de nouvelles régions.
• Donner plus de place aux chefs traditionnels dans les Conseils régionaux. Leur rôle, déjà reconnu par la loi, serait renforcé.

2. Le cœur du pouvoir : l’exécutif

C’est le changement le plus important. La réforme pourrait créer un poste de vice-président de la République. Cette idée existe depuis les années 2000, mais elle n’a jamais abouti.
Aujourd’hui, si le président meurt ou démissionne, c’est le président du Sénat qui le remplace. Demain, ce serait le vice-président. Selon nos sources, ce futur vice-président serait nommé par le président, et non élu. Cela renforcerait encore le pouvoir du chef de l’État.

3. Les règles pour être président

Deux autres points pourraient être discutés, mais rien n’est encore certain :
• L’âge minimum pour se présenter à l’élection présidentielle. Il est aujourd’hui de 35 ans. Il pourrait être modifié.
• La durée du mandat du président, qui est actuellement de sept ans. Elle pourrait aussi être revue.

Ce qui ne changera (probablement) pas

Un sujet important ne figure pas dans le projet actuel : la double nationalité. Pour l’instant, le Cameroun ne la reconnaît pas. Le débat existe dans l’opinion publique, mais il n’est pas à l’ordre du jour de cette réforme.

Une réforme pour quoi faire ?

Pour le pouvoir, il s’agit de moderniser l’État et d’améliorer son fonctionnement. Pour l’opposition et certains observateurs, cette réforme pose question. Elle pourrait surtout permettre de verrouiller le système en place et de préparer l’avenir, dans un pays où Paul Biya, 93 ans, dirige depuis plus de 40 ans.

La balle est désormais dans le camp du président. Va-t-il convoquer le Parlement dans les prochaines semaines ? L’annonce est attendue.

BBlaise Etongtek