Actualités of Thursday, 1 October 2026

Source: www.camerounweb.com

CONFIDENTIEL : Franck Biya réclame les audios impliquant Ferdinand Ngoh Ngoh dans le trafic d'or

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Une nouvelle pièce s'ajoute au dossier explosif du trafic d'or camerounais. Selon des informations exclusives du lanceur d'alerte Boris Bertolt, Franck Biya, fils aîné du président Paul Biya, aurait personnellement demandé à obtenir les copies des enregistrements audio du directeur général de la SONAMINES, Serge Boyogueno, dans lesquels le secrétaire général de la Présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh, est impliqué dans le trafic d'or vers Dubaï.

C'est une requête qui donne à l'affaire du trafic d'or camerounais une dimension politique inédite. Selon Boris Bertolt, Franck Biya aurait cherché à se procurer les enregistrements du patron de la Société nationale des mines (SONAMINES), Serge Hervé Boyogueno, dans lesquels le nom de Ferdinand Ngoh Ngoh apparaît explicitement.



Cette démarche intervient après les déclarations fracassantes de Serge Boyogueno, qui avait révélé publiquement, le 25 mai 2026, que 44 tonnes d'or attribuées au Cameroun avaient été tracées à Dubaï entre 2021 et 2025, contre seulement 148 kilogrammes officiellement exportés . Une fraude estimée à environ 2 000 milliards de francs CFA, soit 3,4 milliards de dollars .

Le directeur général de la SONAMINES avait également confirmé que le Cameroun n'avait officiellement exporté aucun gramme d'or en 2025, alors que 8,4 tonnes avaient transité par Dubaï la même année . Ces révélations avaient mis le feu aux poudres et conduit le président Paul Biya à ordonner la création d'une commission d'enquête mixte sur le trafic illégal d'or .



Selon plusieurs sources concordantes, le nom de Ferdinand Ngoh Ngoh apparaît dans les investigations sur ce trafic. Le journal Jeune Afrique a révélé que le scandale du trafic d'or présumé est devenu l'une des armes principales d'une guerre de pouvoir opposant le secrétaire général de la Présidence à Oswald Baboke, directeur adjoint du Cabinet civil .

Selon le magazine, les soutiens d'Oswald Baboke estiment que le trafic d'or devrait conduire les enquêteurs vers les réseaux contrôlant les principaux points de sortie du territoire, évoquant à mots couverts certains éléments du Bataillon d'intervention rapide (BIR), placé sous la supervision du secrétariat général de la Présidence, ainsi que des hommes d'affaires étrangers réputés proches de Ferdinand Ngoh Ngoh .

Un article de Jeune Afrique avait également évoqué les liens entre le SGPR et un consultant israélien, Eran Moas, présenté comme « un proche », dans le cadre de la sécurisation des plateformes aéroportuaires par lesquelles l'or transite. Une accusation que certains ont qualifiée de « méthode d'accusation par proximité » .



La requête de Franck Biya pour obtenir ces audios s'inscrit dans un contexte de vives tensions au sommet de l'appareil d'État. Selon Jeune Afrique, deux dossiers judiciaires distincts — le trafic d'or et les faux décrets présentés à la CRTV — sont devenus les armes principales d'un affrontement entre Ferdinand Ngoh Ngoh et Oswald Baboke .

Une consigne aurait été donnée depuis Genève, où séjourne Paul Biya, pour mettre un terme provisoire à l'affrontement public, donnant lieu à une mise en scène de complicité lors d'une cérémonie de décorations fin juillet. Mais cette accalmie est décrite comme précaire, les deux scandales continuant d'alimenter les accusations croisées entre les camps .

Des précédents qui fragilisent les accusations

Il convient toutefois de noter que les accusations de trafic d'or au sommet de l'État ont déjà fait l'objet de contestations. Dans une analyse publiée en juillet 2026, un observateur qualifiait l'enquête de Jeune Afrique sur le sujet de « syllogisme de comptoir habillé en journalisme d'investigation », soulignant que le nom du SGPR n'apparaissait que parce qu'un consultant israélien était présenté comme « un proche » .

Le même article rappelait que la précédente accusation visant Oswald Baboke dans la même affaire s'était dégonflée, sans qu'aucun élément matériel probant ne soit produit . Par ailleurs, Boris Bertolt lui-même a été accusé par certains médias camerounais de désigner des responsables sans preuves, notamment dans ses allégations visant l'homme d'affaires Steven Nbienou ou la famille Baboke .



Pour l'heure, ni Franck Biya ni Ferdinand Ngoh Ngoh n'ont réagi publiquement à ces informations. La Présidence de la République n'a pas non plus commenté la requête du fils aîné du chef de l'État.

Une chose est certaine : l'affaire du trafic d'or camerounais, déjà explosive sur le plan économique, est en train de devenir un enjeu majeur de la guerre de succession qui se joue dans les coulisses du pouvoir. Et la demande de Franck Biya pour obtenir les audios de Boyogueno pourrait bien être la première salve d'un affrontement dont les conséquences pourraient redessiner les équilibres au sommet de l'État.