Actualités of Thursday, 29 January 2026

Source: Le Messager

CONFIDENTIEL: Eko Eko toujours détenu malgré l’absence de preuves

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L’ex-Directeur général de la Dgre reste en détention alors que les auditions et témoignages démontrent qu’il n’a jamais été impliqué dans l’opération criminelle.

Le 17 janvier 2023, Martinez Zogo, animateur et directeur de la radio Amplitude Fm, a été enlevé à Yaoundé par des hommes cagoulés. L’opinion publique a immédiatement été choquée par cet acte et l’inquiétude s’est amplifiée avec la découverte de son corps quelques jours plus tard. Cet événement tragique a déclenché une vague d’indignation nationale et internationale et provoqué l’ouverture d’enquêtes judiciaires pour élucider les circonstances de son décès. Dès les premiers jours suivant l’enlèvement, les procureurs de la République de Mfou et de Yaoundé ont ouvert une enquête. La supervision a rapidement été confiée à la Légion de Gendarmerie Nationale du Centre, impliquant plusieurs hauts responsables. Parmi eux, Léopold Maxime Eko Eko, Directeur général de la Dgre à l’époque, a été placé sous enquête. Cependant, aucun élément direct ne le relie à l’opération ayant conduit à la mort de Zogo. Le 31 janvier 2023, Eko Eko a été convoqué pour un entretien officiel, qui s’est transformé en arrestation inattendue. Il a été gardé en détention sans notification préalable ni possibilité de se faire assister par un avocat. Ses conditions de détention ont été critiquées par ses avocats, notamment l’absence de visites de la famille et la cohabitation avec des détenus d’autres affaires sensibles. Ces manquements ont renforcé les interrogations sur la légalité et la proportionnalité de sa détention.

Des témoignages qui disculpent Eko Eko

Au fil de l’instruction, plusieurs cadres de la Dgre ont déclaré qu’aucune directive officielle n’avait été donnée par Eko Eko concernant l’opération ayant conduit à l’enlèvement et à la mort de Zogo. Le Lieutenant-Colonel Justin Danwe, principal accusateur, a produit des déclarations contradictoires au cours des auditions, reconnaissant à un moment ne disposer d’aucun élément formel contre Eko Eko, avant de revenir sur sa version. Ces contradictions fragilisent sérieusement la thèse d’une implication directe de l’ancien directeur. L’instruction a révélé que l’opération ayant coûté la vie à Zogo aurait été menée sans autorisation officielle et en dehors des procédures de la Dgre. Certains éléments indiquent que Danwe aurait agi de manière autonome, avec des participants non mandatés par le service. Les documents et témoignages recueillis confirment que Maxime Eko Eko n’a jamais ordonné ni supervisé cette opération.

Trois ans après les faits, Maxime Eko Eko demeure en détention, alors qu’une ordonnance de décembre 2023 aurait dû ordonner sa libération. Sa détention continue alimente l’incompréhension des défenseurs des droits de l’homme et de l’opinion publique, notamment parce que le dossier ne contient aucune preuve directe de sa participation aux crimes reprochés. Le procès, tenu devant le Tribunal militaire de Yaoundé, attire l’attention des organisations internationales de défense des journalistes et des droits humains. Elles soulignent l’importance de respecter la présomption d’innocence et de garantir une procédure transparente, notamment pour les hauts responsables de la sécurité nationale. Malgré la gravité des faits, les auditions et témoignages montrent clairement que Maxime Eko n’a pas pris part à l’enlèvement ni aux actes criminels. Trois ans après, la question de sa détention continue de susciter débats et inquiétudes. La communauté nationale et internationale appelle à ce que justice soit rendue dans le respect des droits fondamentaux et de la présomption d’innocence.