Actualités of Friday, 2 January 2026

Source: www.camerounweb.com

CONFIDENTIEL : Autopsie d’un remaniement sous haute tension

Dans une enquête explosive, l'auteur révèle les dessous d'un remaniement ministériel bloqué. Il décrit un État miné par des "crocodiles" et des "maîtres-chanteurs", où des dossiers accablants de détournements, de prédation sexuelle et de justice instrumentalisée paralysent le sommet du pouvoir et plongent le pays dans l'attente.


CAMEROUN : AUTOPSIE D’UN REMANIEMENT SOUS HAUTE TENSION
Le pays retient son souffle. L'annonce du remaniement ministériel fait couler beaucoup d'encres et de salives. Ce qui devait être un simple ajustement de l’appareil d’État s’est mué en séisme politique. Une enquête à charge, un climat de suspicion généralisée, et un pouvoir encerclé par ses propres démons.
Autour du dictateur Paul Biya, gravitent des « crocodiles » et des douaniers transformés en maîtres-chanteurs, exigeant des sommes colossales aux ministres pour figurer dans le casting gouvernemental. À cette mécanique opaque se sont ajoutées certaines compagnes métisses, accusées d’avoir glissé des noms dans la liste finale. Le pouvoir, miné de l’intérieur.

Sous la pression populaire, face aux détournements massifs des fonds destinés aux infrastructures, aux routes, à l’éducation et à l’aménagement urbain, la première mouture du remaniement est confiée à Ferdinand NGOH NGOH. Le secrétaire général de la présidence remet sa copie au chef de l’État. Verdict immédiat : des noms explosifs y figurent. Nganou Djoumessi, malgré un dossier irréversible au TCS. KETCHA Courtès. Gaston ELOUNDOU, accusé d’avoir laissé le ministère de l’Eau et de l’Énergie en ruines. Et d’autres encore, sur lesquels Paul BIYA détiendrait des informations précises concernant des détournements.
Le chef de l’État tranche, froidement :

« Va. Je publierai la liste du nouveau gouvernement à 20h à la CRTV. »
Mais les heures passent. Puis les jours. Deux jours. Trois jours. Silence total. Aucun remaniement. La machine se grippe.

Le président rappelle alors Ferdinand NGOH NGOH :
« Ferdinand, tu veux quel poste ? Quatorze ans comme secrétaire général à la présidence… »
La réponse est sobre, presque résignée :
« Là où vous m’enverrez, j’irai. »


Les carottes semblent cuites. Ferdinand reste impassible.
La main passe alors à Samuel MVONDO AYOLO alias "Touche à Tout". Mais le plus vieux président en fonction au monde, méfiant, refuse de s’en remettre à un seul homme. Il consulte son neveu EVOU MEKOU, président de la Banque de Développement des États des Afrique Centrale (BDEAC). C'est ce dernier qui a volé les bateaux de pêche pour lesquels l'homme d'affaires Achille ZOGO ANDELA croupit injustement en prison depuis 16 ans.
Puis, fait inédit, des personnalités extérieures à la scène politique défilent à la résidence présidentielle pendant trois semaines. Trois semaines d’auditions, de révélations, de vérités crues.
Le tableau dressé est accablant : à la présidence, le chef de l’État est entouré de jouisseurs et de voyous. Les dossiers explosent — détournements liés aux lignes 94 et 65, milliards évaporés dans la construction du stade Olemebe et le financement du Covid, scandale du riz Orca, prédation foncière à grande échelle, notamment à Douala, bastion de l’opposition.
La justice n’est pas épargnée. Pilotée depuis le secrétariat général de la présidence par Ferdinand NGOH NGOH alias L'archiduc de Nyom, elle servirait de levier de chantage : des magistrats soumis se voient promettre le prestigieux maroquin de ministre de la Justice. L’État de droit vacille.
Pire encore, le pouvoir est mué en terrain de chasse. Des collaborateurs accusés de s’être transformés en prédateurs sexuels, ciblant femmes et jeunes filles métisses, tout en multipliant détournements de deniers publics et trafic d’influence. Ces collaborateurs se sont transformés en chasseurs sexuels de femmes et de jeunes filles métisses, tout en multipliant les détournements de deniers publics et le trafic d'influence, au lieu de réfléchir à comment sortir les Camerounais du sous-développement.
Pendant que le peuple s’enfonce, l’élite se vautre.
Au sommet de l’État, une question demeure, lourde, implacable :
comment gouverner un pays quand ceux qui devraient le servir l’ont pris en otage ?