Actualités of Tuesday, 27 January 2026

Source: www.camerounweb.com

CAN Maroc 2025 : qui a été corrompu ?

Problèmes organisationnels Problèmes organisationnels

C'est la pratiquement la réponse à laquelle répond le média l'Indépendant, journal papier dans son édition numéro 996 du 26 janvier. Notre rédaction relaie les propos.

En jouant simplement au football, l'équipe du Maroc avait tous les moyens techniques pour soulever le trophée. Sauf que la peur de ne pas l'emporter à la maison a pris le dessus sur le jeu. Les officiels marocains et ceux de la CAF ont montré dans cette compétition tout ce que la CAN a de plus hideux.

L'enjeu a dépassé le jeu et parfois la justice divine tranche dans ces cas-là. C'est ce qui s'est passé dimanche soir lors de ce grand gala du football africain. Entre brimades de certaines délégations devant affronter l'équipe du Maroc, des supporters ne pouvant pas se rendre au stade pour cause de manque de billets d'accès, l'arbitrage souvent favorable à l'équipe du Maroc, la déstabilisation des gardiens des équipes adverses par des ramasseurs de balles, et pour finir des morts suspectes d'un journaliste malien et d'un Camerounais dans leurs chambres d'hôtel, ont jeté le discrédit sur l'organisation de cette CAN.

La victoire du Sénégal est donc vécue comme la réponse divine face à un pays organisateur et la direction de la CAF prêts à tout pour que la coupe reste au Maroc. Ça n'était pas beau. Il est inutile d'accuser les joueurs sénégalais de manque de fair-play dans de telles conditions.

Ils n'ont eu qu'une réaction humaine face à l'injustice manifeste de l'arbitrage depuis les huitièmes de finale avec la Tanzanie et les quarts avec le Cameroun. Ce passif explique largement l'attitude du Sénégal lors de cette finale. Avant de chercher à montrer les muscles, après les regrettables événements survenus lors la finale de la CAN opposant le Maroc au Sénégal, la CAF doit pouvoir situer ses propres responsabilités.

L'arbitrage est devenu le dossier brûlant du football africain. Alors que la CAN 2025 au Maroc vient de s'achever (le 18 janvier 2026), le bilan sportif exceptionnel est assombri par des polémiques qui devraient placer la réforme du corps arbitral au sommet des priorités de Patrice Motsepe. Il n'ignore certainement pas le problème. Mais est-il prêt à le traiter à la source ?

Avant même la fin de la compétition, deux arbitres (Boubou Traoré et Abdou Abdel Mefire) ont été exclus pour des "performances insatisfaisantes". Des figures majeures, comme Samuel Eto'o, ont été sanctionnées pour avoir critiqué l'arbitrage, illustrant le fossé entre les fédérations et l'instance dirigeante. Ces signaux contradictoires trahissent des lacunes structurelles. Le football africain a beaucoup évolué ces dernières années. Les infrastructures également. Des stades de classe mondiale ont été construits, notamment lors des deux dernières de la CAN.

Les sélections nationales comptent dans leurs effectifs des joueurs de très grande qualité et à leur tête de plus en plus de coachs africains qui font un travail remarquable. Il n'y a que l'arbitrage qui ne suit pas le rythme. Avant la prochaine CAN qui se tiendra dans 4 ans, il est crucial de régler le couac une fois pour de bon, en identifiant ses causes profondes.

Des lacunes au niveau de la formation des arbitres ? Des ingérences et/ou des pressions extérieures lors des phases de jeu ? La corruption de certains d'entre eux ? Ou alors, est-ce la CAF elle-même le nœud, du moins son fonctionnement actuel ?