Éliminés par le Maroc en quarts de finale (0-2), les Lions Indomptables quittent la CAN avec des regrets mais la tête haute. Capitaine de cette jeune équipe, Nouhou Tollo a livré une analyse lucide et pleine d'espoir pour l'avenir du football camerounais.
Dans le vestiaire silencieux du stade Prince Moulay Abdellah, Nouhou Tollo a pris le temps de peser ses mots. Le capitaine des Lions Indomptables, visage marqué par l'effort et la déception, n'a pas cherché à fuir ses responsabilités ni à noircir le tableau. Avec la lucidité qui le caractérise, le défenseur a livré une analyse à la fois frustrée et porteuse d'avenir.
"On a manqué un peu de baraka"
La frustration d'abord. Celle d'une équipe qui estime avoir tenu tête au pays hôte sans pour autant avoir eu la réussite nécessaire. "Je pense qu'on a manqué un peu de baraka, parce que c'est une équipe qui n'a pas vraiment influencé le jeu", a déclaré Tollo, avant de reconnaître sportivement : "Ils marquent sur un coup de pied arrêté... chapeau à eux."
Une allusion à peine voilée au sentiment camerounais d'avoir été dominateurs sans parvenir à concrétiser. Mais le capitaine refuse de s'enfermer dans les regrets ou la polémique arbitrale, même s'il évoque brièvement la phase litigieuse sur Bryan Mbeumo : "Ce soir encore, il y a eu cette situation... vous avez vu comme moi : est-ce qu'il y avait penalty ? Ça aurait pu changer le match."
Avant de couper court : "Je n'aime pas trop parler de l'arbitrage, ce sont des humains, on reste professionnels."
Au-delà du résultat, Nouhou Tollo retient l'essentiel : l'équipe a répondu présente dans un contexte difficile. "Franchement, dans cette CAN, personne ne nous attendait. Le plus important pour nous, c'était de redonner le sourire au peuple camerounais."
Un objectif atteint, si l'on en croit les témoignages qui ont afflué vers le capitaine : "J'ai reçu énormément de messages, même de ma famille." Pour ce groupe de jeunes joueurs, souvent critiqués avant le tournoi, cette reconnaissance est déjà une victoire.
"C'est une équipe jeune, avec une semaine de préparation, pas d'excuse, mais je suis convaincu qu'elle a de l'avenir", insiste-t-il, refusant de se réfugier derrière les difficultés de préparation tout en rappelant le contexte particulier dans lequel les Lions se sont présentés.
Mais c'est sur l'avenir que Nouhou Tollo veut insister. Avec une conviction qui ne souffre aucune hésitation, le capitaine lance : "Le meilleur reste à venir. Le Cameroun redeviendra celui des années 2000, j'en suis persuadé."
Une référence à l'âge d'or du football camerounais, celui des titres continentaux et de la reconnaissance mondiale. Un objectif ambitieux pour cette jeune génération qui doit encore faire ses preuves, mais que Tollo assume pleinement.
Interrogé sur les légendes camerounaises comme Alex Song, Benjamin Moukandjo ou Jérémy Njitap, le capitaine se fait humble : "Ce sont des légendes, des exemples. Ils nous ont inspirés. On va tout faire pour suivre leurs pas et rendre le Cameroun fier."
Une déclaration qui en dit long sur l'état d'esprit de cette équipe : consciente du chemin à parcourir, mais déterminée à honorer l'héritage de ses aînés. Dans le football camerounais, où les générations se succèdent sans toujours se ressembler, ce lien revendiqué avec le passé glorieux est un signal fort.
Le discours de Nouhou Tollo résume finalement bien le paradoxe de cette campagne camerounaise : une élimination précoce qui a des allures de succès moral. Une défaite qui ouvre des perspectives. Un échec qui redonne l'espoir.
"Ce soir encore, il y a eu cette situation avec Bryan Mbeumo", a-t-il répété, comme pour rappeler que le destin a parfois tenu à peu de choses. Mais le capitaine refuse de s'apitoyer. Les Lions ont montré un visage, posé des jalons, retrouvé une dignité. Pour le reste, il faudra travailler, construire, progresser.
Le Cameroun des années 2000 dont rêve Nouhou Tollo ne se reconstruira pas en un tournoi. Mais cette CAN 2025, malgré son issue décevante, aura peut-être posé la première pierre de cet édifice. À condition que l'environnement suive, que la stabilité s'installe, et que cette jeune génération tienne ses promesses.









