Éliminés en quarts de finale par le Maroc (0-2), les Lions Indomptables crient à l'injustice après un penalty non sifflé sur Bryan Mbeumo. Une polémique qui ne suffit pas à masquer la domination marocaine.
La désillusion camerounaise a un goût amer. Battus deux buts à zéro par le Maroc mercredi soir au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat, les Lions Indomptables ont quitté la Coupe d'Afrique des Nations avec la conviction d'avoir été lésés par l'arbitrage. Au cœur de la controverse : un contact litigieux dans la surface marocaine à vingt minutes de la fin, que les Camerounais réclament toujours comme un penalty évident.
La 70e minute restera gravée dans les mémoires camerounaises. Alors que le score affiche encore 1-0 pour les Lions de l'Atlas, Bryan Mbeumo s'infiltre dans la surface adverse et s'écroule après un duel avec le défenseur Adam Masina. L'arbitre zambien, imperturbable, laisse le jeu se poursuivre. La VAR, elle aussi, reste muette. Quelques minutes plus tard, Saibari inscrit le deuxième but marocain, scellant définitivement le sort de la rencontre.
"Pendant le match, j'ai senti le contact. J'ai revu les images, le penalty est très, très flagrant pour moi", a déclaré Bryan Mbeumo en zone mixte, la déception perceptible dans la voix. L'attaquant de Manchester United n'a toutefois pas voulu tout réduire à cette action : "Je ne sais pas si le match se joue uniquement sur cette situation, mais on peut avoir des regrets au-delà de ça."
Le sentiment d'injustice est partagé dans le vestiaire camerounais. Carlos Baleba, milieu de terrain de Brighton, a été plus direct dans ses propos : "Si l'arbitre avait sifflé ce penalty, je pense que la rencontre aurait pris une autre tournure." Avant de tempérer, résigné : "Mais il n'a pas sifflé, si la VAR n'a pas pu voir, on va passer à autre chose. Ils ont gagné 2-0, on est éliminés."
Le capitaine Nouhou Tolo a lui aussi évoqué cette phase litigieuse, tout en appelant à la retenue : "Cela aurait pu changer le match, on va rester professionnels, les arbitres sont humains. On ne va pas parler de cela, on va préparer l'avenir."
Interrogé en conférence de presse, le sélectionneur David Pagou a choisi une tout autre voie, celle de l'apaisement et du pragmatisme. "Il y a des faits de jeu, on peut se plaindre, l'arbitre est le maître du jeu, dirige, et on se plie aux lois du jeu", a-t-il affirmé, refusant d'alimenter la controverse. "Cela peut arriver qu'on crie après les arbitres, mais ils peuvent se tromper. Je n'ai pas regardé les images, mais le match est fini."
Le technicien camerounais a préféré saluer le parcours de son équipe et souligner les aspects positifs de cette campagne, malgré l'élimination précoce.
Au-delà de la polémique arbitrale, il faut reconnaître la supériorité marocaine lors de cette rencontre. Les Lions de l'Atlas, portés par leur public de Rabat, ont livré une prestation convaincante. Brahim Diaz, encore une fois étincelant, a ouvert le score avant que Saibari ne double la mise. Le Maroc, pays hôte, continue son parcours idéal et se rapproche d'un titre continental qui échappe à la nation depuis 1976.
Pour le Cameroun, l'heure est au bilan et aux interrogations. Déjà absent du Mondial 2026, les Lions Indomptables devront se reconstruire pour retrouver leur rang parmi l'élite africaine. Cette élimination, qu'elle soit contestable ou non, révèle un écart qui s'est creusé avec les meilleures équipes du continent.
Le Maroc affrontera en demi-finale le vainqueur du quart entre [équipes]. Les Lions de l'Atlas rêvent désormais d'aller au bout, portés par leur formidable élan et le soutien de tout un pays.









