Les révélations sur les derniers échanges entre Anicet Ekane, opposant mort en détention, et Issa Tchiroma Bakary, considéré comme le vrai gagnant de la dernière élection présidentielle devant Paul Biya, se font de plus en plus nombreuses. Anicet Ekane avait une volonté, ou disons, des volontés. Il les a partagées avec l'ancien ministre Tchiroma parce que les deux étaient devenus proches. Explications de Jorel Zang, activiste connu pour ses exclusivités.
Monsieur le président élu, Excellence, je ne vais pas entrer dans vos histoires avec le Manidem (parti d'Anicet Ekane, ndlr) sur un "potentiel accord" que vous aviez avec cette formation politique. Je laisse donc le soin au Manidem qui est venu en parler publiquement de terminer sa clarification en expliquant concrètement au peuple camerounais de "quel accord" il s'agit exactement car cela reste flou. Au Manidem de terminer ses explications à ce niveau avant que je puisse vraiment m'exprimer à ce sujet, car pour l'heure, la sortie du Manidem a des zones floues.
En revanche, ce que je sais, c'est que vous aviez une certaine proximité avec Anicet Ekane. Une proximité qui fait en sorte qu'il vous a soutenu publiquement et personnellement pendant la dernière élection présidentielle et son soutien publique a fait en sorte qu'une partie de ses militants et sympathisants vous ont également apporté leur soutien.
D'ailleurs, si Anicet Ekane s'est retrouvé en prison dans l'indifférence totale des Camerounais (même de ceux qui font semblant d'être indignés aujourd'hui) au point d'y mourir assassiné par ses geôliers, c'est bien parce que le régime lui reprochait sa proximité avec vous au point de l'accuser de déstabilisations et autres. Votre proximité était de notoriété publique et nous en avons été tous témoins car le combattant Anicet Ekane n'était pas du genre à faire semblant quand il apportait son soutien à une personne tout comme il était parfaitement clair et lucide concernant ses volontés posthumes.
Des volontés posthumes dont il vous a fait part plus d'une fois à vous comme à tous les leaders politiques avec lesquels il a partagé une certaine proximité tout au long de son noble combat pour le changement au Cameroun pendant toutes ces années de vie. C'était un homme vrai. C'était un homme entier qui ne mâchait pas ses mots et qui disait toujours tout haut ce qu'il pensait à toute personne qu'il estimait.
C'est donc au nom de cette vérité et de cette entièreté que j'estime que le minimum était de respecter ses dernières volontés posthumes et que toutes les personnes publiques comme vous qui ont eu une certaine proximité avec lui se devaient de plaider publiquement dans ce sens-là. À défaut, ne pas intervenir publiquement dans le sens contraire en demandant aux Camerounais pro-changement de participer à un deuil où les volontés ultimes du défunt n'ont pas été respectés.
Très loin de moi l'idée de vouloir juger les enfants d'Ekane qui ont fait le choix délibéré de ne pas respecter les décisions posthumes de leur père, car ils ont leurs raisons qui sont bonnes ou mauvaises, mais ce sont leurs raisons à eux et c'est leur problème à eux avec leurs parents. Mais vous, en tant que leader politique qui connaissez parfaitement les raisons pour lesquelles Anicet Ekane souhaitait être enterré auprès d'Ernest Ouandié qu'il considérait comme son guide politique et spirituel, ne devez pas de manière publique donner caution à une décision contraire, surtout vu la façon dont il est mort et par les mains de qui il est mort.
Anicet Ekane ne sera certainement pas oublié de sitôt par le peuple. Il voulait vraiment le changement, confient plusieurs personnes qui l'ont côtoyé.









