On le sait maintenant, David Pagou a suspendu le regreoupement des Lions indomptables durant cette période où toutes les équipes nationales se retrouvent, dont certaines préparent le Mondial et d’autres des matches amicaux pour jauger leur niveau. David Pagou, sur la bénédiction de Samuel Eto’o et du ministère des Sports, en a décidé autrement pour l’équipe camerounaise.
Bonne ou mauvaise chose ? Jean Ediegnie rappelle de petites choses à David Pagou.
La Fecafoot a annoncé mardi dernier que le sélectionneur des Lions indomptables, David Pagou, a décidé de ne programmer ni regroupement, ni rencontre amicale durant la prochaine fenêtre FIFA de juin 2026.
L’argument avancé est de permettre aux joueurs de récupérer physiquement et mentalement après une longue saison. Sur le principe, cela peut s’entendre. Mais honnêtement, plusieurs éléments interpellent fortement. Et plus on analyse la situation, plus certaines inquiétudes deviennent difficiles à ignorer.
Le Cameroun ne jouera même pas la Coupe du monde. C’est probablement le point qui dérange le plus de supporters. Pendant que le Brésil, la France, l’Argentine, le Sénégal, le Maroc ou la Côte d’Ivoire préparent leurs grandes compétitions internationales avec des matchs de haut niveau, le Cameroun sera au repos. Or, les grandes équipes progressent justement dans les matchs amicaux dans les automatismes, dans le rythme collectif.
Le football moderne ne récompense pas les équipes qui travaillent moins que les autres. Les cadres avaient déjà été écartés lors du précédent regroupement. Lors des dernières FIFA Series, David Pagou avait déjà surpris en laissant plusieurs cadres au repos. L’objectif semblait être de tester de nouveaux joueurs, d’observer d’autres profils, de lancer une reconstruction. Très bien.
Mais aujourd’hui, on annule carrément le regroupement suivant. Le résultat, les anciens ne jouent pas, les nouveaux ne travaillent pas non plus et l’équipe reste dans le flou. À un moment, il faut une direction claire.
Les éliminatoires de la CAN 2027 commencent déjà en septembre. Et c’est ici que la situation devient très sérieuse. Les premières journées arrivent dans seulement quelques mois. Or entre juin et septembre, il n’y aura pratiquement plus de fenêtre FIFA, ni de vrai temps collectif. Les joueurs vont repartir dans leurs clubs respectifs, reprendre les championnats et les Lions arriveront presque directement aux matchs officiels.
Dans ces conditions, comment construire des automatismes, une identité de jeu ou une cohésion solide ?
Cette décision donne une impression de manque d’ambition. C’est peut-être injuste, mais c’est le sentiment que beaucoup de supporters ressentent actuellement. Parce qu’au Cameroun, les gens veulent voir une équipe qui travaille, un staff actif, une sélection en construction permanente. Or ce communiqué donne plutôt l’impression d’un arrêt du chantier et dans un pays aussi passionné de football, ce type de signal passe très mal.
David Pagou doit rapidement clarifier sa vision. Depuis son arrivée, beaucoup de décisions donnent l’impression d’expérimentations permanentes, de changements constants et parfois d’un manque de ligne directrice claire. Le problème n’est pas forcément de tester. Le problème, c’est que personne ne comprend encore précisément : quel Cameroun David Pagou veut construire.
D’autres sources vont même loin en disant que David Pagou se dirige vers un limogeage si dans un futur très proche, ses décisions controversées ne produisent pas un bon résultat. Un spécialiste du mercato consulté a même évoqué le nom d’un sélectionneur français que le président de la Fecafoot a déjà en tête au cas où la pression populaire venait à l’amener à se débarrasser du coach local qui ne fait pas l’unanimité et qui chaque jour sur siège éjectable. Pour l’instant, le nom du technicien français n’a pas encore fuité.









