Actualités of Sunday, 22 February 2026

Source: www.camerounweb.com

Bonne nouvelle pour les Camerounais: le ministre Manaouda Malachie interdit les parkings payants dans les hôpitaux

Une lettre circulaire officielle datée du 19 février 2026 met fin à une pratique jugée contraire aux missions du service public hospitalier. Le ministre de la Santé Publique ordonne la suppression immédiate des parkings payants dans toutes les formations sanitaires publiques du pays.

C'est un signal fort envoyé aux responsables des hôpitaux publics camerounais. Dans une lettre circulaire référencée D36-13/LC/MINSANTE, signée le 19 février 2026, le ministre de la Santé Publique, Dr Manaouda Malachie, ordonne la suppression sans délai des systèmes de parkings payants qui se sont progressivement installés dans les enceintes des formations sanitaires publiques à travers le pays.

Le ministre indique que son attention « a été maintes fois appelée » sur cette pratique jugée préoccupante : des parkings payants, parfois confiés à des particuliers, ont proliféré au sein d'établissements de santé publics — hôpitaux de 1ère catégorie, hôpitaux centraux, hôpitaux de district, centres médicaux d'arrondissement et centres de santé intégrés. Des structures censées incarner l'accès universel aux soins se sont ainsi transformées, au moins en partie, en espaces marchands au détriment des patients et de leurs accompagnants.
Une situation que le ministre qualifie sans détour de « mercantiliste » et de « curieuse, en déphasage avec les missions assignées aux hôpitaux publics ».


Au-delà de la dimension financière — souvent dérisoire pour chaque usager pris isolément, mais lourde pour des familles déjà fragilisées par la maladie — c'est l'image même du service public hospitalier que Manaouda Malachie entend protéger. La lettre circulaire souligne que cette pratique est « de nature à écorner durablement l'image de marque du service public hospitalier » dans un contexte où les principes d'égal accès aux soins et d'humanisation de l'environnement sanitaire doivent primer.

Le message est clair : un hôpital public n'est pas un centre commercial. Venir se faire soigner ou accompagner un proche malade ne devrait pas commencer par payer une place de parking.

Pour garantir l'effectivité de cette mesure, le ministre a mobilisé plusieurs corps de contrôle. L'Inspecteur Général des Services Administratifs, le Directeur de l'Organisation des Soins et de la Technologie Sanitaire ainsi que les Délégués Régionaux de la Santé sont chargés, chacun en ce qui le concerne, d'assurer le suivi strict de son application sur l'ensemble du territoire national.

Si l'interdiction des parkings payants dans les hôpitaux peut sembler anecdotique à première vue, elle révèle en réalité une réalité plus profonde : celle de la privatisation rampante des espaces publics, y compris dans des secteurs aussi sensibles que la santé. Que des gestionnaires d'hôpitaux publics aient pu, pendant des années, déléguer la gestion de leurs parkings à des tiers — et en tirer des revenus parallèles — dit quelque chose sur les lacunes de gouvernance et de contrôle interne qui traversent le système sanitaire camerounais.

La circulaire de Manaouda Malachie est une correction bienvenue. Reste à savoir si elle sera suivie d'effets durables, ou si elle rejoindra le stock déjà volumineux des instructions ministérielles restées lettre morte sur le terrain.