Actualités of Monday, 12 October 2026
Source: www.camerounweb.com
Jeune Afrique, dont l’envoyé spécial a recueilli les témoignages à Yaoundé, décrit un pouvoir de plus en plus distant. Un cadre du RDPC y affirme que la fréquence des audiences de Paul Biya a nettement baissé : régulières jusqu’en 2019 environ, elles se seraient raréfiées, surtout depuis le Covid. « Très peu de personnes ont accès à lui », confie-t-il au magazine, qui ajoute qu’il lie ce recul à l’affaiblissement de son état physique.
Jeune Afrique rapporte aussi le souvenir des semaines de septembre et octobre 2024, quand Paul Biya séjournait en Suisse. Un artiste cité par le magazine se rappelle que des médias l’avaient annoncé mort, que le démenti avait tardé et que Yaoundé parlait déjà de vacance du pouvoir. Un professeur évoque son retour : selon lui, la télévision avait filmé l’atterrissage en tentant de masquer, par des images d’oiseaux, le monte-charge qui le descendait de l’avion. C’est un souvenir personnel d’un témoin, non un fait vérifié par le magazine.
Pour un entrepreneur cité par Jeune Afrique, cet épisode a confirmé que le chef de l’État ne gouvernait plus et que le secrétaire général de la présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh, le faisait par l’intermédiaire de « hautes instructions », mises en doute jusque par le ministre de la Justice, Laurent Esso. Il s’agit de son analyse, rapportée par le magazine.
Le même cadre du RDPC affirme à Jeune Afrique que cet effacement a provoqué les démissions d’Issa Tchiroma Bakary et de Bello Bouba Maïgari du gouvernement, qui ne se jugeaient plus alliés d’un président qui ne les recevait plus. Selon lui, l’effacement a créé une brèche jusque dans le parti, où beaucoup espéraient que Biya ne se représente pas.