Actualités of Thursday, 6 August 2026
Source: www.camerounweb.com
C'était inattendu et totalement imprévisible, bien qu'on sache très bien de quoi sont souvent capables les éléments de la Brigade anti-sardinard (BAS). Ces derniers ont relancé leur traque contre Paul Biya, prenant d'assaut une représentation diplomatique à l'étranger.
Selon les informations qui nous sont parvenues depuis la Suisse, plusieurs activistes ont d'abord tenté de localiser le chef de l'État sur le territoire. Cette action s'inscrit dans une longue série de visites non courtoises qui sont menées par ce collectif d'hommes et de femmes hostiles au pouvoir de Yaoundé et à tous ses partisans.
Le président Biya, âgé de 93 ans, a quitté Yaoundé le 7 juin 2026 pour ce que le cabinet civil qualifie de « court séjour privé » en Europe. Il se fait tout de même long « ce court séjour ».
Le locataire du palais présidentiel, avec sa famille, est absent des radars publics depuis près de 60 jours. Son séjour se prolonge à Genève et alimente toutes les rumeurs sur son état de santé.
Malgré tous les démentis qu'a pu apporter le ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi, affirmant que le président « travaille depuis Genève », les observateurs dénoncent un vide institutionnel et appelle à une reconnaissance de la vacance du pouvoir. Si Paul Biya n'est plus en mesure de diriger le pays, que le régime le dise clairement pour qu'une autre personne le fasse, conformément à la loi en vigueur, réclament les citoyens.
C'est dans ce climat électrique que la BAS a décidé d'intensifier ses actions sur le sol suisse pour « chasser », dit-elle, le président de son traditionnel exil helvétique.
Ce mouvement, créé au lendemain de la très contestée élection présidentielle de 2018, regroupant des opposants radicaux de la diaspora principalement en France, en Belgique et en Allemagne, ont un mode opératoire bien connu : l'enfarinage. Lorsque les activistes sont allées chercher Paul Biya dans la matinée du 06 août à l'ambassade du Cameroun en Suisse, un employé a été blanchi à la farine par les visiteurs mécontents de son opposition à eux.
Ce coup démontre la volonté de la BAS de porter la contestation au cœur même des enceintes diplomatiques, considérées comme le prolongement territorial du régime de Yaoundé. Ils avaient un plan, s'ils avaient trouvé Paul Biya, faire du bruit et tout casser sur place, forçant le « vieux lion » à rentrer chez lui, auprès des siens. La BAS a quand même foutu le bordel sur les lieux, engendrant l'intervention de la police suisse, nous communique-t-on. Paul Biya l'a donc échappé belle, on peut le dire.