Politique of Sunday, 11 October 2026

Source: www.camerounweb.com

Aux Camerounais qui rêvent d’un Ibrahim Traoré à Etoudi, voici ce qui vous attend

Dans cette tribune, le journaliste Michel Biem Tong met en garde les Camerounais tentés par le modèle de gouvernance du capitaine burkinabè Ibrahim Traoré. Il estime qu’une expérience similaire au Cameroun pourrait entraîner l’interdiction des partis politiques, la dissolution des ONG, la mise au pas des médias et la répression des journalistes, des activistes, des magistrats et des opposants.

Les partis politiques tels que le RDPC, le MRC, le SDF, le FSNC, le PCRN, seront interdits d’activité avant d’être dissouts

Toutes les ONG, les organisations humanitaires et de défense des droits de l’homme seront dissoutes

Tous les médias publics comme privés seront réduits à chanter les louanges du président, en mettant à contribution l’intelligence artificielle et les fakenews

Tout journaliste de la presse privée, syndicaliste, acteur de la société civile, lanceur d’alerte, activiste des réseaux sociaux ou simple citoyen, qui osera critiquer le président ou sa gestion, sera enlevé par des agents de la DGRE puis séquestré pendant des années dans des villas cossues des quartiers Bastos où Odza,où ils seront torturés, n’auront accès ni aux membres de leurs familles, ni à un avocat, encore moins à un juge. Les plus chanceux seront envoyés au front, à l’Extrême-Nord, pour combattre les terros ou en zone anglophone pour affronter les ambazoniens

Aux activistes basés en diaspora, sachez qu’en représailles de vos manifestations contre le pouvoir à Paris, Bruxelles, Washington ou Genève, l’Ibrahim Traoré camerounais va faire kidnapper les membres de vos familles restées au pays

Dans des affaires dites « signalées », tout magistrat qui osera rendre une décision de justice contraire à la volonté du président, sera soit envoyé au front, soit enlevé par la DGRE puis séquestré des années durant dans les prisons secrètes d’Odza ou de Bastos

Le palais d’Etoudi sera rempli de membres de la famille du président, ce dernier fera de ses frères aînés et cadets, des hommes à tout faire à la présidence, notamment le trafic d’or au marché noir à Dubaï.

Tous les hommes d’affaires camerounais auront obligation de verser de l’argent au président chaque fois qu’il en aura besoin, de peur d’être exclu de la commande publique ou enlevé puis séquestré dans les prisons secrètes ou envoyé au front

L’État prélèvera 1% sur le salaire des fonctionnaires et 2% sur les pensions retraite, pour les reverser dans le Fonds de soutien patriotique, lequel est dédié aux soldats qui combattent les terros de Boko Haram à l’Extrême-Nord ou les ambazoniens. Mais aucun compte ne leur sera rendu de l’utilisation de cet argent

Des membres de la famille et du clan présidentiels vont prendre contrôle des secteurs de l’économie tels que le BTP, l’import-export, le transport terrestre et aérien, obligeant les magnats desdits secteurs à s’exiler vers les pays voisins pour continuer à faire leurs affaires

Le jour, le président dira « À bas l’impérialisme ! À bas la France ! À bas les valets locaux des impérialistes », mais nuitamment, il ira emprunter de l’argent, au FMI, à la Banque Mondiale, à l’Agence Française de Développement…

Du fait de la gestion clanique, calamiteuse et familiale du Ibrahim Traoré camerounais, les Camerounais, excédés par la galère et la vie chère, seront obligés de quitter le Cameroun pour aller chercher la vie au Nigéria, en RCA, au Gabon,en Guinée Équatoriale

N.B : Avec un Ibrahim Traoré à la tête du Cameroun, il n’y aura pas de changement dans la manière de diriger le pays. Dans bien de cas, la situation irait de mal en pis. Ne parlez surtout pas des infrastructures qui poussent comme des champignons sous Ibrahim Traoré. Sous ses prédécesseurs, c’était pareil, à la seule différence que ces derniers ne finançaient pas les cyberactivistes pour leur propagande sur les réseaux sociaux. 99% des réalisations dont se vante le tyran burkinabé ont démarré sous les anciens régimes. Aux fans d’Ibrahim Traoré à travers le Cameroun, je souhaite bon vent !

Michel Biem Tong, journaliste