Le Premier ministre Joseph Dion Ngute a reçu, lundi 19 janvier 2026 à Yaoundé, une délégation de la communauté Mbororo, profondément meurtrie par l'attaque meurtrière qui a frappé le village de Gidado, dans la subdivision de Ndu, région du Nord-Ouest. Cette rencontre intervient cinq jours après le massacre qui a coûté la vie à au moins 14 civils innocents, dont 10 femmes et 5 enfants.
Lors de cette audience, le Chef du gouvernement a transmis les condoléances et le soutien du président de la République, Paul Biya, décrit comme "profondément affecté par ce massacre de trop". La délégation Mbororo a pu exprimer sa douleur et ses préoccupations sécuritaires face à la recrudescence des violences ciblant leur communauté dans les régions anglophones.
Le mercredi 14 janvier, des hommes armés ont attaqué la localité de Gidado, située dans le Donga Mantung, ciblant spécifiquement la communauté Mbororo. Le bilan officiel fait état de 14 personnes tuées : un adulte, 10 femmes et 5 enfants. Au moins 14 autres victimes ont été blessées et évacuées vers les hôpitaux de Nkambe et de Ndu pour recevoir des soins d'urgence.
Cette attaque barbare, attribuée aux combattants séparatistes actifs dans la région du Nord-Ouest, a suscité une vive émotion au sein de la communauté Mbororo et dans l'ensemble du pays. Sur le réseau social X, Joseph Dion Ngute avait réagi avec véhémence : "C'est avec une profonde tristesse et une vive inquiétude que j'ai appris l'attaque barbare et lâche qui a coûté la vie à plus de quatorze civils innocents et fait de nombreux blessés dans le village de Gidado".
Lors de la rencontre du 19 janvier, le Premier ministre a réitéré les "très hautes directives" du chef de l'État concernant la sécurisation des populations civiles dans les zones de conflit. Le gouvernement a réaffirmé "sa détermination à garantir la paix, la sécurité et la cohésion sociale sur toute l'étendue du territoire national".
Joseph Dion Ngute a qualifié le massacre de Gidado de "crime odieux" constituant "une atteinte à la paix, à l'unité nationale et à l'autorité de l'État". Le Chef du gouvernement a promis que les auteurs de cet acte seront rapidement identifiés, appréhendés et traduits en justice.
Pour restaurer la paix dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, le Premier ministre a lancé un appel à la population. "Je réaffirme la détermination inébranlable du chef de l'État et du gouvernement à rétablir une paix et une sécurité durables sur l'ensemble du territoire national", a-t-il déclaré.
Il a invité les populations à "coopérer pleinement avec les forces de défense et de sécurité" afin de faciliter l'arrestation des responsables de ce massacre. Cette collaboration citoyenne est présentée comme un élément clé de la stratégie gouvernementale pour mettre fin au cycle de violences qui endeuille régulièrement les régions anglophones depuis plusieurs années.
L'attaque de Gidado s'inscrit dans le contexte de la crise anglophone qui secoue les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun depuis 2016. Les communautés Mbororo, souvent perçues comme proches du pouvoir central, sont régulièrement ciblées par les groupes séparatistes armés, faisant d'elles des victimes collatérales d'un conflit complexe aux dimensions politiques, linguistiques et identitaires.
La rencontre du 19 janvier entre le Premier ministre et la délégation Mbororo témoigne de la volonté du gouvernement de maintenir le dialogue avec les communautés affectées, tout en réaffirmant son engagement à restaurer l'autorité de l'État dans ces zones. Reste à savoir si les mesures annoncées permettront d'éviter de nouveaux drames similaires à celui de Gidado.









