Selon les éléments du dossier, le meurtre de Jean-Jacques Ola Bébé, prêtre orthodoxe et figure médiatique, trouverait son origine dans ses déclarations publiques contestant la version officielle de l'assassinat de son ami Martinez Zogo. Un réseau de proximité, impliquant notamment l'ex-maire de Bibey, Martin Savom, et une femme présentée comme sa compagne, aurait organisé ce passage à tabac.
Les liens entre les protagonistes sont au cœur de l'enquête. Le prêtre Ola Bébé et le journaliste Martinez Zogo étaient présentés comme de très grands amis et confidents. De l'autre côté, Martin Savom, ancien maire proche de certaines sphères du pouvoir, entretenait des rapports ambigus avec l'entourage de Zogo. La brigade évoque notamment des relations personnelles entre Savom et une sœur de Martinez Zogo, en contrepartie desquelles le maire aurait bénéficié de marchés et d'avantages liés à des pratiques de corruption et de trafic d'influence.
Un élément clé du scénario repose sur une femme, gardienne de prison habitant le quartier Elig-Edjoua, présentée à la fois comme une connaissance de Savom et la compagne du prêtre Ola Bébé. Selon les accusations, c'est par son intermédiaire que Savom aurait obtenu des informations sensibles sur le prêtre, mais aussi sur des détenus influents de Kondengui, gardiens, ministres et directeurs généraux incarcérés, ainsi que sur un réseau présenté comme le « cartel de Nanga ».
Le basculement vers le crime serait intervenu après la prise de parole publique du prêtre Ola Bébé sur un plateau télévisé, dans l'émission de Paul Désiré Biya, le 31 janvier 2023. Il y avait déclaré : « Vous vous trompez. Celui qu’on accuse d’avoir tué Martinez Zogo, ce n’est pas vrai. » Il contestait ainsi la version officielle et affirmait que l'homme d'affaires Jean-Pierre Amougou Belinga n'était pas le meurtrier de son ami. Ces déclarations auraient semé l'inquiétude dans l'entourage de Savom, qui aurait craint que des indices compromettants n'aient été laissés derrière eux.
L'assassinat présumé aurait ensuite été minutieusement préparé. La compagne du prêtre aurait été chargée de sonder ses connaissances sur un supposé projet de coup d'État, puis de l'inviter à un repas à Elig-Edjoua. C'est là, selon la brigade, qu'il aurait été empoisonné pour l'affaiblir, avant d'être achevé à Koabang par une équipe liée à Martin Savom. Ce dernier connaissait parfaitement la zone, y possédant une maison.
Les éléments exposés ne constituent qu'une partie des accusations. La brigade annonce également des révélations sur les manœuvres qui auraient conduit au limogeage du juge d'instruction Sikati Kamwo, initialement en charge du dossier Martinez Zogo, après qu'il eut ordonné l'arrestation de Martin Savom. Une lettre adressée à la Présidence de la République serait notamment évoquée.
COMMENT SAVOM A FAIT POUR TUER LE PRÊTRE OLA BB
1. Pour commencer, il convient d’abord de comprendre la proximité qui existait entre le prêtre Ola Bébé et Martinez Zogo. Selon les éléments exposés ici, les deux hommes étaient amis, et même de très grands amis. Il faut également s’interroger sur la nature des rapports qui auraient existé entre Martin Savom et Martinez Zogo. Il est allégué que Martin Savom entretenait des rapports sexuels avec la sœur de Martinez Zogo et qu’en contrepartie, celui-ci lui aurait permis de bénéficier de marchés publics ainsi que d’autres avantages qui seraient liés à des pratiques de corruption et de trafic d’influence.
2. Toujours selon la brigade , cette situation expliquerait pourquoi Martin Savom aurait disposé de nombreuses informations concernant Martinez Zogo, mais également concernant le prêtre Ola Bébé. Ces renseignements lui seraient notamment parvenus par l’intermédiaire de sa compagne, présentée comme une gardienne de prison habitant dans le quartier Elig-Edjoua, et qui aurait également entretenu une relation avec Martin Savom.
3. En ce qui concerne le prêtre Ola Bébé, celui-ci est présenté comme le confident de Martinez Zogo, en même temps que son meilleur ami. Le rôle attribué à cette femme aurait été très important dans les circonstances entourant l’assassinat du prêtre Ola Bébé. Mais, au-delà de cela, elle aurait également transmis des informations concernant les gardiens de prison ainsi que les ministres et directeurs généraux incarcérés. Dans le même temps, elle aurait communiqué des renseignements concernant le « cartel de Nanga », dont certains membres auraient été emprisonnés pour des faits présentés comme relevant de la haute criminalité.
4. Selon la brigade des contacts auraient existé avec plusieurs ministres arrêtés, plus précisément avec Edgar Alain Mebe Ngo’o, ainsi qu’avec une autre grande personnalité de la République dont le nom n’est volontairement pas cité ici, mais qui aurait, selon la brigade un lien avec les Ambazoniens. C’est dans ce contexte qu’est avancée l’affirmation selon laquelle plusieurs personnalités de la République pourraient mourir à Kondengui, notamment en raison d’un réseau de connexions avec certains gardiens de prison qui serait particulièrement bien organisé.
5. Concernant la mort du prêtre Ola Bébé, il est affirmé que cette femme aurait transmis des informations à Martin Savom après le passage du prêtre à la télévision, dans l’émission de Paul Désiré Biya. Le prêtre aurait alors été l’une des premières personnes à déclarer publiquement : « Vous vous trompez. Celui qu’on accuse d’avoir tué Martinez Zogo, ce n’est pas vrai. » Il aurait ainsi publiquement contesté la version qui désignait certaines personnes comme responsables de la mort de Martinez Zogo.
6. Le prêtre Ola Bébé aurait également déclaré, en substance, qu’il ne fallait pas regarder là où certains souhaitaient orienter l’opinion publique, affirmant que ceux qui avaient organisé cet acte malsain chercheraient précisément à détourner les regards vers une direction déterminée. Il aurait ajouté qu’il pouvait affirmer avec certitude qu’Amougou Belinga n’avait pas tué Martinez Zogo. Selon le prêtre présenté ici, ce seraient ces déclarations qui auraient conduit Martin Savom à se demander si certains indices susceptibles de les compromettre n’avaient pas été laissés derrière eux. La brigade affirme qu’à partir de ce moment aurait été envisagée l’organisation de l’assassinat du prêtre Ola Bébé.
7. Mais avant cet assassinat présumé, il aurait d’abord fallu déterminer si le prêtre était informé de ce qui se passait et, notamment, d’un supposé projet de coup d’État. Selon cette version, la femme précédemment évoquée aurait alors contacté son compagnon, le prêtre Ola Bébé, et aurait commencé à le questionner minutieusement afin d’obtenir le maximum d’informations sur les événements en cours. Elle se serait alors rendu compte que son compagnon en savait beaucoup. C’est ainsi que, toujours selon ces propos , elle aurait participé à l’organisation de l’assassinat du prêtre Ola Bébé en l’invitant chez elle, à Elig-Edjoua, autour d’un repas au cours duquel le prêtre aurait été empoisonné afin de l’affaiblir. Il aurait ensuite été assassiné à Koabang, avec une équipe que la brigade associe à Martin Savom.
8. Il convient également de rappeler l’affirmation selon laquelle toute cette zone aurait été particulièrement bien connue et maîtrisée par Martin Savom, notamment parce qu’il posséderait l’une de ses maisons dans ce secteur. Cet élément est présenté comme important dans la compréhension de la suite des événements et des accusations développées dans cette affaire.
9. Et ce n’est pas fini. Ce qui précède ne constitue qu’une partie de cette affaire. Nous allons également ouvrir une parenthèse afin d’expliquer au peuple camerounais comment, selon les accusations formulées par la brigade , Martin Savom et Alain Ekassi auraient procédé pour obtenir le limogeage du juge d’instruction du Tribunal militaire, Sikati. Il est annoncé que des preuves seront présentées à l’appui, notamment une lettre adressée à Chantal Biya et à Ferdinand Ngoh Ngoh, qui aurait été déposée à la Présidence de la République. AFFAIRE À SUIVRE.









