Actualités of Wednesday, 12 August 2026

Source: www.camerounweb.com

Assassinat de Martinez : voici les résultats d'analyse de téléphonie et de géolocalisation des principaux accusés

Assassinat de Martinez Zogo Assassinat de Martinez Zogo

Le 1er juin 2026 au tribunal militaire à Yaoundé, le Professeur Bell Bitjoka, expert en sécurité des systèmes d’information, a présenté les conclusions de son analyse forensique menée sur les téléphones et supports numériques saisis dans le cadre de l’affaire Martinez Zogo, résume l’Indépendant. Dans son édition n°1051, le journal affirme qu’il s’agissait des résultats d’analyses de téléphonie et de géolocalisation des principaux accusés. Notamment, le lieutenant-colonel Justin Danwe, Jean Pierre Amougou Belinga et Maxime Eko Eko, ex-patron de la DGRE. En parallèle, le tribunal a acté la lecture des correspondances textuelles entre Justin Danwe et l’ancien directeur général des Impôts (DGI), Mopa Modeste, des éléments dont le colonel-magistrat codifie l’exploitation pour la suite des débats.

Au terme de la cross examination, Me Claude Assira va relever que : « (…) Vous avez entendu ici un certain nombre de noms de personnes que l’expert a pu détecter au travers de ses investigations, mais à aucun moment, on ne voit le nom de ces personnes, alors qu’au sens élémentaire, ces personnes mériteraient au moins d’être interrogées sur leur participation réelle ou supposée aux faits qui leur sont imputés ».

L’apparition du nom de l’ex-DGI, Mopa Modeste, a suscité moult interrogations vite dissipées par l’article de Jeune Afrique publié le 09 juin 2026 qui le présente comme le haut fonctionnaire qui a défié « la mafia fiscale ».

« (…) En 2021, la DGI adresse une mise en demeure à la chaîne de télévision Vision 4, propriété de l’homme d’affaires Jean-Pierre Amougou Belinga, et réclame le règlement d’arriérés fiscaux estimés à un milliard de francs CFA (environ 1,5 million d’euros) », sait-on.

La réponse tarde. En 2022, Mopa durcit le ton. Une nouvelle note sort de ses services, mais cette fois le montant a explosé : 10,8 milliards de francs CFA. Cette dette ne concerne plus seulement Vision 4, mais l’ensemble du groupe l’Anecdote, qui chapeaute plusieurs sociétés liées à Amougou Belinga.

« Pour discréditer Mopa et minimiser l’ampleur de la fraude, Jean-Pierre Amougou Belinga a toujours tenté de faire croire qu’il s’agissait uniquement de Vision 4 », confie une source. En réalité, certaines entités du groupe livraient, par exemple, des prestations à la présidence de la République. Il y aurait même des marchés fictifs dans lesquels serait impliqué un haut responsable de la direction de la sécurité présidentielle ».

Selon plusieurs témoignages, le mécanisme reposait sur un enchevêtrement de contrats peu transparents, de prestations surfacturées, et, surtout, sur un sentiment d’impunité nourri par des années d’absence de contraintes fiscales significatives. À tort ou à raison, Jean-Pierre Amougou Belinga passait alors pour une personnalité que les administrations de contrôle avaient grande peine à atteindre.