Actualités of Friday, 2 January 2026
Source: www.camerounweb.com
Dans un message de fin d'année au ton grave, le « Père des En-bas d'en-bas » invite les forces du changement à tirer les leçons de 2025. Entre bilan de la répression, autocritique et appel à l'unité, l'activiste politique dessine les contours d'une nouvelle phase de la lutte anti-Biya.
L'année 2025 devait être celle de l'alternance démocratique au Cameroun. Elle s'achève dans le sang et la désillusion. Aristide Mono, figure de proue de la contestation contre le régime de Paul Biya, en tire un enseignement radical : la voie des urnes est morte sous l'actuelle gouvernance.
Dans son message, l'universitaire théorise ce qu'il appelle la « Troisième Voix », une « nouvelle philosophie des sociétés civiles des dictatures africaines » qu'il a consignée dans son dernier ouvrage. Cette approche se distingue par son autonomie totale : pas de financement d'ONG, pas d'appui de chancelleries étrangères, pas d'allégeance à un parti politique.
« Nous avons prouvé que nous pouvions mener une lutte politique autonome », se félicite-t-il, revendiquant cette indépendance comme une victoire en soi face au système.
L'unité par-delà les clivages
L'un des points forts du message d'Aristide Mono concerne la capacité du mouvement à transcender les divisions traditionnelles de la politique camerounaise. Après la disqualification de Maurice Kamto, le ralliement à Issa Tchiroma a démontré que « notre combat dépasse les individus, les partis ou les ethnies ».
Cette union sacrée autour de l'objectif prioritaire – la défaite de Paul Biya – a permis de mettre « de côté les considérations partisanes, ethniques, régionalistes et ethnolinguistiques ».
Sur la question sensible de l'exil d'Issa Tchiroma, Aristide Mono pose une question dérangeante : « Etions-nous prêts à sacrifier nos vies pour lui éviter une mort similaire à celle infligée à Anicet Ekané ou une prison à perpétuité ? » Son mot d'ordre est clair : « Arrêtons de sacrifier nos Généraux ! »
Cette posture pragmatique tranche avec les accusations de certains qui ont reproché à Tchiroma d'avoir fui le pays après avoir revendiqué la victoire.
« Une nouvelle année appelle de nouvelles méthodes », prévient le politologue. Sans détailler les futures stratégies de lutte, il appelle à une introspection collective : « En soldats de la liberté, faisons notre introspection. Prenons le temps de tirer les leçons de 2025 et revoyons nos stratégies de lutte en 2026. »
Une chose est certaine pour Aristide Mono : malgré la répression, l'emprisonnement de militants et les morts, « notre moral est resté inébranlé : Biya et ses gens doivent d'abord partir, après on verra ! »
Le message se termine sur un appel à la persévérance et une bénédiction : « Que Dieu et nos ancêtres veillent. Vive les "En-bas d'en-bas" ! Vive la nation camerounaise ! »