Actualités of Monday, 17 August 2026

Source: www.camerounweb.com

Aristide Mono : « Le Cameroun n'a pas inventé la manière de gérer un État »

Invité de l'émission Droit de Réponse sur Équinoxe TV, l'analyste Aristide Mono a vivement critiqué la communication gouvernementale sur l'absence prolongée du président Paul Biya, qui séjourne en Suisse depuis plus de deux mois. Selon lui, il est inadmissible de justifier une absence aussi longue par des « caprices de gouvernance à la Biya » alors que le Cameroun n'a pas inventé le management des États.


Aristide Mono s'est insurgé contre les tentatives de justifier l'absence prolongée de Paul Biya : « Lorsque Robert Mouthe essaie de nous faire comprendre que le Cameroun peut évoluer au rythme des caprices d'un individu, au rythme des caprices de la gouvernance à la Biya... Je crois que nous vivons dans un monde assez ouvert et le Cameroun n'a pas inventé le management, le Cameroun n'a pas inventé les politiques publiques, le Cameroun n'a pas inventé la manière de gérer un État. »

Il a jugé « inadmissible » qu'on vienne sur un plateau expliquer et justifier le fait qu'un président quitte son territoire pendant plus de deux mois pour aller rester sur le territoire d'un autre président.

« Quel est ce travail qu'il ne peut pas faire ici ? »
L'analyste a posé une question qui résume le malaise des Camerounais : « Et on nous dit que : non, en fait, le président est en train de travailler. Quel est ce travail que Paul Biya fait à Genève qu'il ne peut pas faire ici au Cameroun ? »

Une interrogation légitime alors que le chef de l'État, âgé de 94 ans, est absent du Cameroun depuis le 7 juin 2026 pour un « court séjour privé » qui s'est transformé en absence record. Le gouvernement a démenti toute hospitalisation, mais le séjour s'est prolongé, et aucune date de retour n'a été communiquée.


Aristide Mono a rappelé que le Cameroun n'a pas inventé les politiques publiques ni la manière de gérer un État. D'autres pays ont connu des situations similaires sans qu'un président ne s'absente aussi longtemps sans explication claire. L'absence de Paul Biya, couplée au silence des autorités, crée un vide institutionnel que même les tentatives de justification du gouvernement ne parviennent pas à combler.