À quelques semaines de la convention nationale extraordinaire du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), prévue le 17 octobre 2026, Willy Mengue, membre du parti et ancien membre du directoire national, a saisi le sous-préfet de l'arrondissement de Yaoundé IV. Dans une correspondance datée du 29 septembre 2026, il signale des « tensions internes et des risques de troubles à l'ordre public » à l'occasion de cette rencontre. Une démarche qui intervient alors que M. Mengue a été exclu du parti en juin dernier et qu'il a introduit une requête en appel après avoir perdu son affaire contre le MRC devant la Cour d'appel du Centre.
C'est une nouvelle tentative visant à perturber le processus de succession à la tête du MRC. Selon des informations recueillies, Willy Mengue, qui se présente comme membre du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun et ancien membre du directoire national, a adressé ce 29 septembre 2026 une correspondance au sous-préfet de l'arrondissement de Yaoundé IV.
Un signalement pour « troubles à l'ordre public »
Dans ce document, dont l'objet est ainsi libellé : « Signalement de tensions internes et de risques de troubles à l'ordre public à l'occasion de la Convention nationale du MRC annoncée pour le 17 octobre 2026 », Willy Mengue attire l'attention de l'autorité administrative sur les tensions qui entourent la tenue de cette rencontre au siège du parti, à Odza.
Il entend ainsi faire peser une menace sur la tenue de la convention, en invoquant des risques sécuritaires. Une démarche qui, si elle aboutissait, priverait le MRC de son instance suprême au moment où le parti doit élire son nouveau président national.
Cette initiative suscite l'incompréhension au sein du parti. Comment Willy Mengue, simple membre exclu, peut-il prétendre mieux apprécier les risques à l'ordre public que le sous-préfet lui-même, qui commande un commissariat de sécurité publique et une brigade de gendarmerie, tous deux directement rattachés à son service ?
Pour de nombreux observateurs, cette démarche s'inscrit dans une stratégie visant à empêcher le MRC de se doter d'une direction légitime, à un moment où le parti est déjà fragilisé par la démission de Maurice Kamto. Elle rappelle également les précédentes manœuvres de Willy Mengue, qui avait déjà contesté la légitimité des instances issues de la convention de décembre 2025.
Par ailleurs, il convient de rappeler que Willy Mengue a été exclu du MRC par décision du Comité national de médiation et d'arbitrage en date du 29 juin 2026. Cette exclusion a été confirmée par le Directoire national du parti. Il a ensuite saisi la justice pour contester cette décision, mais a été débouté en première instance. Il a depuis introduit une requête en appel devant la Cour d'appel du Centre.
Cette procédure en cours ne le prive pas de la possibilité de saisir les autorités administratives. Mais elle pose question sur sa légitimité à parler au nom du parti ou à en contester les décisions. Contacté, ni Willy Mengue ni le sous-préfet de Yaoundé IV n'ont souhaité commenter cette correspondance. Une chose est certaine : à moins de trois semaines de la convention, les manœuvres pour empêcher sa tenue se multiplient.









