Au lendemain de la publication du rapport d'autopsie concluant à une mort naturelle, le président du Parti pour l'alliance libérale (PAL) monte au créneau. Dans une tribune publiée ce 25 février 2026, Célestin Bedzigui affirme que son "compagnon de 35 ans" est "mort en martyr", rejetant catégoriquement la version officielle.
Les conclusions de l'enquête menée par le ministère de la Défense n'auront pas mis fin à la polémique. Alors que le communiqué officiel du 24 février attribuait le décès d'Anicet Ekane à des "graves pathologies" et à une "mort naturelle" confirmée par une autopsie pratiquée en Suisse, Célestin Bedzigui oppose un démenti cinglant.
Dans une publication émouvante mêlant l'hommage personnel à l'accusation politique, le président du PAL livre une tout autre lecture des événements : "Ekane Anicet n'est pas mort de mort naturelle. Il est mort en martyr", écrit-il sans ambages.
Une responsabilité de l'État mise en cause
Pour le leader du PAL, le maintien en détention d'un homme souffrant équivaut à une sentence délibérée. "Des personnes condamnées étant souvent remises en liberté pour raison de santé, maintenir en détention un malade avéré est une manière de le tuer", argue-t-il, avant d'élargir son propos à ce qu'il qualifie de "répression politique" au Cameroun.
Célestin Bedzigui estime que les responsables du lieu de détention portent une part de responsabilité dans ce drame. "Par courage, le Colonel responsable de son lieu de détention et les médecins traitants devaient signaler aux donneurs d'ordre politiques qu'il était inapproprié de le maintenir en détention", insiste-t-il, dénonçant un "zèle coupable" qui engagerait selon lui "la responsabilité personnelle des individus impliqués dans la chaîne de décision" ainsi que "la responsabilité civile de l'État".
"Ils parleront sans savoir"
L'hommage se fait également personnel, alors que Célestin Bedzigui évoque une amitié de 35 ans avec le président du Manidem disparu. "Nous aurons été compagnon 35 ans durant dans la dissidence, résistant aux intentions de nous détruire d'un environnement impitoyable", écrit-il, saluant la mémoire d'un homme avec qui il partageait "cette élégance de pensées et de présentation physique".
Dans une formule qui semble viser aussi bien les auteurs du rapport que ses soutiens, il prévient : "Ils parleront sans savoir."
Avec cette prise de position, Célestin Bedzigui rejoint le camp des personnalités politiques qui, depuis l'annonce des résultats de l'enquête, refusent d'entériner la thèse officielle. Les critiques se focalisent notamment sur les conditions de détention d'Anicet Ekane et sur l'absence de remise en liberté malgré son état de santé présumé.
Le président du PAL conclut son message par un adieu solennel à son "ami" : "Tu as mené le bon combat. Trouve enfin le repos."









