Actualités of Sunday, 11 January 2026

Source: www.camerounweb.com

André Onana et Vincent Aboubakar: la grande annonce

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Après l'élimination du Cameroun en quarts de finale de la CAN 2025, l'ancien capitaine des Lions Indomptables s'est exprimé sur l'absence controversée de Vincent Aboubakar et André Onana. Entre respect du choix du sélectionneur et plaidoyer pour l'expérience, Benjamin Moukandjo relance le débat sur la gestion des cadres.


L'élimination du Cameroun face au Maroc ce 9 janvier en quarts de finale de la CAN 2025 a ravivé une question qui divise l'opinion camerounaise depuis plusieurs mois : faut-il rappeler les cadres écartés de la sélection ? Pour Benjamin Moukandjo, ancien capitaine et champion d'Afrique 2017, la réponse est nuancée mais claire : la porte doit rester ouverte.


Invité à s'exprimer sur beIN SPORTS, l'ex-international camerounais a livré une analyse mesurée, plaidant pour une gestion ouverte et réfléchie des cadres encore en activité au sein des Lions Indomptables. Son message vise particulièrement Vincent Aboubakar et André Onana, deux figures majeures du football camerounais actuellement éloignées de la sélection.
"Pour moi, la porte doit toujours rester ouverte. Ce sont des joueurs encore en activité, qui peuvent peut-être encore apporter quelque chose à la sélection", a déclaré Moukandjo, rappelant que leur apport potentiel reste une option crédible pour l'équipe nationale.


Tout en plaidant pour une ouverture, l'ancien attaquant de Lorient et de Reims souligne que la décision finale appartient au sélectionneur. Entre la volonté de bâtir un projet sur le long terme avec un groupe jeune ou celle de s'appuyer encore sur des cadres pour les prochaines années, le choix est éminemment stratégique.
"Tant qu'un joueur est en activité et qu'il peut encore défendre les couleurs du pays, il ne faut pas lui fermer la porte", a-t-il conclu, laissant le débat ouvert autour de l'avenir des cadres des Lions Indomptables.


La sortie de Moukandjo réallume tout le débat alors que certains observateurs du football estiment actuellement que l'équipe a manqué de maturité et d'expérience face au Maroc. La gestion de la pression face au public marocain n'a pas été de qualité selon eux.

Ces voix estiment qu'avec des vétérans comme Onana et Aboubakar, la rencontre aurait eu une autre tournure. Le gardien de Manchester United et l'attaquant d'Al-Nassr auraient pu, par leur expérience des grandes compétitions, apporter cette sérénité qui a parfois fait défaut aux jeunes Lions Indomptables face aux Lions de l'Atlas.

André Onana, gardien titulaire de Manchester United, et Vincent Aboubakar, buteur prolifique évoluant en Arabie Saoudite, ne sont plus convoqués en sélection depuis plusieurs mois. Les raisons de ces absences varient selon les sources : mésententes avec le staff, choix tactiques, volonté de rajeunissement de l'effectif.

Leur absence a été d'autant plus remarquée lors de cette CAN 2025 que le Cameroun s'est présenté avec une équipe très jeune, manquant parfois de repères dans les moments cruciaux. Face au Maroc, les Lions Indomptables n'ont cadré aucun tir, signe d'une certaine fébrilité offensive qui aurait pu être compensée par l'expérience d'un Aboubakar.


Le propos de Moukandjo pose une question fondamentale pour le football camerounais : comment concilier la construction d'un projet de long terme avec les impératifs de résultats immédiats ?

D'un côté, la jeune génération actuelle a montré de belles choses lors de cette CAN, avec un état d'esprit salué par tous et une progression collective encourageante. De l'autre, le manque de maturité dans les moments clés a coûté cher face à des équipes plus expérimentées.

Le sélectionneur David Pagou, qui dispose désormais de deux semaines pour préparer ses joueurs selon les standards du football moderne, aura à trancher cette question cruciale dans les mois à venir. Doit-il miser exclusivement sur la jeunesse pour préparer l'avenir, ou intégrer quelques cadres pour accélérer la progression collective ?


L'histoire récente du football camerounais montre que l'écartement brutal de cadres peut avoir des conséquences. Mais elle montre aussi que le rajeunissement d'une équipe peut porter ses fruits à moyen terme. Le champion d'Afrique 2017, dont Moukandjo était l'un des piliers, comptait lui aussi sur un savant mélange de jeunes talents et de vétérans expérimentés.
Pour l'instant, le sélectionneur n'a pas commenté publiquement les déclarations de Moukandjo. Mais nul doute que ces propos, venant d'une légende du football camerounais, pèseront dans les réflexions à venir.
Reste à savoir si André Onana et Vincent Aboubakar, de leur côté, sont encore disposés à revêtir le maillot vert-rouge-jaune. Car un retour en sélection nécessite aussi la volonté des joueurs concernés, et les relations entre certains cadres et l'encadrement technique ne sont pas toujours au beau fixe.

Au-delà du débat purement sportif, cette question touche à la manière dont le Cameroun gère ses ressources humaines les plus précieuses. Dans un pays où le football cristallise tant de passions et d'enjeux, la gestion des cadres de l'équipe nationale relève presque de la politique.

Benjamin Moukandjo, avec sa sortie mesurée et respectueuse, rappelle qu'il existe une voie médiane : celle du dialogue, du respect mutuel et de la mise au service du collectif. "Tant qu'un joueur est en activité et qu'il peut encore défendre les couleurs du pays, il ne faut pas lui fermer la porte" : une maxime de bon sens qui pourrait inspirer les dirigeants du football camerounais dans les semaines à venir.