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General News of Saturday, 30 September 2017

Source: afrique.latribune.fr

Ambazonie: une auto-proclamation dans la psychose

Le Cameroun retient son souffle à l’approche de la date fatidique du 1er octobre. Perçue comme la journée de toutes les peurs et de toutes les inquiétudes, c’est ce dimanche que la partie radicale des leaders anglophones a choisi pour proclamer l’indépendance des provinces anglophones. Mais d’ores et déjà, pouvoir comme opposition se sont accordés pour dénoncer la sécession du pays. La situation peut dégénérer ce week-end.
En prévision de possibles troubles, le gouvernement central a déjà pris les devants. Dans ce que l'on appelle pudiquement des «mesures régulatoires», il a fait décréter le couvre-feu de trois jours à partir de ce vendredi et une interdiction stricte de circuler dans les régions du nord-ouest dont le chef-lieu est Bamenda et dans le sud-ouest qui abrite Buéa. La crise depuis onze mois dans ces deux fiefs anglophones semble près d'entrer dans une phase qui sème la psychose

Une auto-proclamation dans la psychose

Ce dimanche, dans ces deux régions anglophones en crise latente depuis onze mois avec le pouvoir central à Yaoundé, des séparatistes ont prévu de proclamer, au moins symboliquement, l'indépendance de ce qui devrait être baptisé «l'Ouest-Cameroun».

Agitée comme épouvantail face à la sourde oreille du pouvoir de Yaoundé, cette auto-proclamation d'indépendance a été, semble-t-il, savamment orchestrée. Les sécessionnistes ont déjà prévu un hymne national, des couleurs pour un drapeau, un passeport et une carte d'identité, une monnaie pour la substituer au franc CFA en vigueur, et ont déjà gribouillé une ébauche de constitution.

Fin septembre, après un décret du président Paul Biya qui acté la libération d'une partie des prisonniers anglophones, des milliers de manifestants ont bravé l'interdiction et pris d'assaut les rues des régions nord-ouest et sud-ouest pour réclamer la libération du reste des prisonniers et proclamer les velléités d'indépendance.

Le contexte n'en est pas moins électrique. Rien que pour le mois de septembre, trois bombes artisanales ont explosé à Bamenda et une autre s'est déclenchée dans la région du nord-ouest. La découverte d'une cache d'armes en août, qui aurait été destinée à servir un projet sécessionniste, a conforté les autorités dans leur urgence d'agir.

La police camerounaise a déjà procédé à des arrestations de personnes soupçonnées de complicité dans cette conspiration contre l'Etat. Un important dispositif de sécurité a été déployée autour des villes anglophones. La psychose qui s'installe a poussé leurs habitants à se déplacer massivement dans la partie francophone pour fuir les violences qui pourraient éclater pendant le week-end sur fond de rumeurs de coupure d'Internet.

Dans l'attente des décisions de Paul Biya pour en finir avec la crise
Pourtant, au niveau politique, pouvoir comme opposition tentent de temporiser à l'approche de la date fatidique. John Fru Ndi, le leader anglophone du Social Democratic Front (SDF, opposition) s'est dit opposé à la sécession au Cameroun. Dans son sillage, les opposants, même des leaders de la contestation anglophone, se sont précipités pour condamner l'auto-proclamation au risque de se voir accuser d'attiser les braises. Tous cautionnent par contre l'idée du retour au fédéralisme.

En face, silence radio au Palais de l'Unité où l'on est dans l'attente de l'annonce de mesures fortes pour répondre aux revendications de ces parties rebelles du pays. Ces doléances se résument à plus de considération pour les régions anglophones qui attendent le lancement de projet de développement.

Mais à l'approche de la présidentielle de 2018, l'extinction de ce foyer de sanction est plus que nécessaire. Les contestataires n'en démordent pas et la crise s'enlise devant les inquiétudes de voir le Cameroun morcelé. Ce dimanche pourrait être l'étincelle qui allumerait le brasier.

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