Infos Santé of Tuesday, 28 July 2026
Source: L'Indépendant N°1047
Une épidémie de choléra touche actuellement la Région de l'Extrême-Nord. Selon le dernier bilan communiqué par les autorités sanitaires, cette région enregistre, au 23 juillet 2026, 585 cas actifs et 19 décès recensés depuis le début de l'épidémie. Au regard du nombre de cas qui a augmenté entre le mois de juin et celui de juillet, les autorités administratives et sanitaires ainsi que les partenaires techniques et financiers, ont entrepris de réajuster leur stratégie de riposte.
C’est ainsi que le 23 juillet dernier, s’est tenue une réunion stratégique dans les locaux des services du gouverneur de la région de l’Extrême-Nord. A l’occasion, les participants ont planché sur les difficultés rencontrées sur le terrain et dans les formations sanitaires. Il a été recommandé de renforcer le système de gestion de l’épidémie avec un plan de riposte adapté à la réalité actuelle de l’épidémie. Sur le terrain, les autorités administratives vont multiplier les campagnes de prévention. C’est le cas du sous-préfet de l’arrondissement de Maroua 1er, Denis Atkalaï, qui vient de mener une campagne de sensibilisation dans plusieurs quartiers de son territoire de commandement.
Accompagné des services de santé et des structures d’encadrement des jeunes, l’autorité administrative a porté le message de la prévention contre le choléra à travers l’application des mesures d’hygiène. Pour le chef de terre, l’opération « jeudi propre » devrait servir de cadre à la population pour intensifier l’application des mesures d’hygiène et d’assainissement. Son passage a permis de porter l’invitation aux habitants de Maroua d’éliminer des eaux stagnantes, de bien gérer les déchets, de procéder au lavage régulier des mains et des aliments.
Dans le même cadre, la délégation régionale des Transports de l’Extrême-Nord a engagé des descentes inopinées dans les gares routières de la région. Objectif : imposer le respect strict des mesures d’hygiène, en riposte à l’épidémie de choléra. Des équipes contrôlent la désinfection des véhicules, l’entretien des latrines, la suppression des eaux stagnantes et le transport des denrées alimentaires. Au niveau des autorités sanitaires, la surveillance épidémiologique a été renforcée, de même que la prise en charge des malades ainsi que la sensibilisation des communautés aux pratiques d’hygiène. De plus, la gratuité des soins a été instaurée dans toutes les zones touchées afin de faciliter l’accès aux traitements et de limiter au maximum les pertes en vies humaines.
Alimentation saine
Au-delà de ces mesures de riposte pendant l’épidémie, la prévention concerne aussi la prise en compte des problèmes d’eau potable, ceux d’une alimentation saine en général ainsi que ceux relatifs à l’accès aux services de santé. Une meilleure gestion des saisons pluvieuses contribuerait à réduire les risques de contamination au choléra. Dans les districts de santé de Mada et de Makary, la situation est davantage préoccupante, ces zones étant déclarées en état d’épidémie par les autorités sanitaires.
Soulignons que les chiffres du choléra dans l’Extrême-Nord interviennent dans un contexte particulier. L’an dernier, d’après le Bulletin épidémiologique du Cameroun de 2025, le pays a enregistré 96 cas suspects sur l’ensemble de l’année, sans aucun décès. Même si les périodes ne sont pas strictement comparables, la situation observée en 2026 dans l’Extrême-Nord apparaît déjà plus élevée que celle de l’année précédente à l’échelle nationale. Les bulletins épidémiologiques des cinq dernières années indiquent que le choléra au Cameroun évolue par cycles.
Entre 2022 et 2023, le pays traverse une forte période de transmission. En 2022, 15 123 cas et 303 décès sont enregistrés. L’année suivante, en 2023, la situation s’aggrave avec 21 298 cas et 508 décès, traduisant une large diffusion de la maladie dans plusieurs régions, notamment le Littoral, le Centre et le Sud-Ouest.
À partir de 2024, la tendance change nettement. Les données nationales font état d’environ 130 cas suspects et 5 cas confirmés, signe d’un net recul de la circulation bactérienne. En 2025, cette baisse se confirme avec 96 cas suspects, 38 tests rapides positifs, 2 confirmations par culture et aucun décès. Le choléra semble alors sous contrôle au niveau national, même si quelques foyers persistent dans certaines zones du Nord.