Actualités of Friday, 11 September 2026

Source: www.camerounweb.com

Affaire du vice-amiral Joseph Fouda : voici l'ordre de passage des personnalités devant les enquêteurs de la 1ʳᵉ Région de Gendarmerie

L'affaire dite du vice-amiral Joseph Fouda connaît un nouveau développement avec une série d'auditions annoncées devant les enquêteurs de la 1ʳᵉ Région de Gendarmerie. Deux colonels retraités, un banquier, un député-maire, un opérateur économique et le directeur de la Programmation des Investissements Publics, qui gère plus de 1 800 milliards de FCFA, sont attendus. Le dossier prend une dimension nouvelle.

C'est une nouvelle séquence qui s'annonce dans l'affaire qui secoue les hautes sphères de l'État camerounais. Selon les informations obtenues, les enquêteurs de la 1ʳᵉ Région de Gendarmerie ont établi un calendrier d'auditions dans le cadre de l'affaire dite du vice-amiral Joseph Fouda. Une série de comparutions qui doit débuter ce 10 septembre 2026 et s'étaler jusqu'au 19 septembre.

Le calendrier des auditions

Depuis hier, 10 septembre 2026, deux premiers témoins ont été entendus : le colonel retraité Fouda Jean Jacques, ainsi que le colonel retraité Joël Émile Bamkoui, ancien commandant de la Division de la Sécurité Militaire au ministère de la Défense. La présence de ces deux officiers supérieurs à la retraite soulève des interrogations sur les liens qu'ils pourraient avoir entretenus avec les réseaux mis en cause dans cette affaire.

Le 15 septembre prochain, c'est un bloc de personnalités influentes qui sera auditionné. Jean Gakam, président du Conseil d'Administration d'Afriland First Bank Côte d'Ivoire et administrateur d'Afriland First Bank Cameroun, est attendu. À ses côtés, Guillaume Mbakam Chougha, député RDPC, PDG de Green Oil et de United Hotels Group. Enfin, Samen Patrice, maire RDPC de Nkongsamba 2ᵉ, qui se serait fait escroquer de plus de 2 milliards de FCFA dans cette affaire.

Mais c'est l'audition du 19 septembre qui retient particulièrement l'attention. Ce jour-là, les enquêteurs entendront Mvondo Jean Sylvain, directeur de la Programmation des Investissements Publics (DPIP). Un poste stratégique : il gère plus de 1 800 milliards de FCFA d'investissements publics. Sa convocation dans ce dossier pourrait ouvrir une nouvelle dimension à l'enquête.

Un rappel des faits

Pour mémoire, cette affaire avait éclaté publiquement autour d'accusations d'usurpation d'identité, d'escroquerie et de trafic d'influence présumé, avec notamment le nom de l'homme d'affaires Hervé Parfait Mbapou au centre des procédures. En 2024, une vaste affaire d'escroquerie par usurpation de l'identité du vice-amiral Joseph Fouda avait éclaboussé de hautes personnalités camerounaises, révélant des réseaux d'extorsion et de corruption.

Joseph Fouda avait lui-même saisi la gendarmerie pour dénoncer une usurpation de son identité. Plusieurs personnes avaient ensuite été interpellées dans le cadre de l'enquête. En août 2026, le Dr Olive Ngobo Elok avait déposé une plainte contre le vice-amiral Fouda, l'accusant notamment d'escroquerie aggravée, de corruption et de complicité d'enlèvement. Elle affirmait avoir été incarcérée pendant 49 jours en 2024 sur plainte du haut gradé.

Des profils variés et des questions en suspens

L'intérêt de cette nouvelle série d'auditions réside surtout dans la diversité des profils concernés : anciens officiers supérieurs, responsables politiques, opérateurs économiques et haut responsable de l'administration publique. La question centrale sera de savoir ce que les enquêteurs cherchent précisément à établir à travers ces différentes auditions, et surtout si les déclarations des uns permettront de confirmer, de nuancer ou de contredire certains éléments déjà apparus dans le dossier.

Pour l'heure, il convient de parler d'auditions dans le cadre de l'enquête, et non de culpabilité ou de responsabilité établie. Aucune mise en examen n'a été annoncée à ce stade.

Un dossier aux multiples ramifications

L'affaire dite « Fouda/Mbapou » continue de défrayer la chronique au Cameroun. Elle met en lumière les connexions présumées entre des personnalités de premier plan et des réseaux d'escroquerie qui auraient prospéré pendant des années en usurpant l'identité d'un des hommes les plus puissants du régime. Les auditions à venir pourraient apporter des éclairages décisifs sur le fonctionnement de ce système et sur les responsabilités de chacun.