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Actualités of Tuesday, 2 November 2021

Source: Le Messager

Affaire Mebe Ngo’o : les incongruités d’une Convention de prêt

Les incongruités d’une Convention de prêt Les incongruités d’une Convention de prêt

Accusé de détournement d’une Convention de prêt signée entre la Chine et le Cameroun dans le cadre de l’achat de matériels militaires estimée à 300 millions d’euros, l’ex ministre de la défense que la partie civile veut couler, ferait les frais d’un marché de dupes bien ficelé par ses bourreaux en panne d’arguments de poids.

Les chroniqueurs judiciaires, les habitués des prétoires et autres juristes chevronnés l’ont dit à maintes reprises : l’affaire Mebe Ngo’o ressemble à s’y méprendre à une parodie de procès. Une espèce d’attelage mal lié qui démontre au fil des audiences, qu’il ne s’agit ni plus ni moins que d’une affaire cousue de fil blanc. Si l’ex Mindef (2009-2015) est accusé de détournement d’une Convention de prêt signée entre la Chine et le Cameroun dans le cadre de l’achat de matériels militaires, il se trouve que dans son entourage, on s’interroge sur l’exécution de ce fameux projet avec l’Empire du milieu qui pèse quand même 300 millions d’euros. S’il est avéré que le natif du Sud est impliqué dans ce prétendu détournement de fonds, la question aujourd’hui est de savoir pourquoi la responsabilité de la Chine n’est pas soulevée. Si deux partenaires sont engagés dans un deal, il est difficilement admissible de voir que seule l’une des parties prenantes en paie le prix. Plus intrigant, si le projet a été convenablement et intégralement exécuté par la Chine qui a équipé toutes les composantes des forces de défense camerounaises tel que le gouvernement camerounais l’a reconnu et salué, pourquoi donc parler de détournement si la part du contrat de l’autre partie a été largement remplie ?

Des interrogations qui font dire à des experts en finances qu’il y’a certainement anguille sous roche et que l’ancien patron de la Défense serait « offert en holocauste à des fins inavouées ». Pourtant, tous les camerounais ont vu comment l’Armée à travers ses unités d’élite, a été parée pour assurer la sécurité au Cameroun notamment à l’Extrême-Nord qui était plus une zone de repli et de repos, voire de logistique, qu’une zone d’opération pour Boko Haram. N’est-ce pas grâce à cette même Convention pilotée par Mebe Ngo’o que la piraterie et la criminalité maritime aux larges du Delta ont été repoussées ? Que dire de la lutte sans merci contre l’insécurité transfrontalière entre le Cameroun, la République centrafricaine et le Tchad ? A travers cette convention (fructueuse), des actions multiformes de nos valeureux soldats ont permis de bloquer certains circuits de ravitaillement de la secte terroriste, qui transitaient pratiquement tous sur son territoire. Face au défi sécuritaire, le Cameroun a mis les moyens.


Bien équipée et formée, notre armée professionnelle a pu lutter contre le grand banditisme en zone de forêt, redoubler de vigilance et la surveillance les frontières, et stopper le fléau des coupeurs de routes dans le Nord. Pour cerner les contours de cette affaire, il faut peut-être convoquer les précédentes parutions du Messager et la paperasse y afférente. Des documents d’archives qui font la lumière sur ladite Convention de prêt inscrite dans la coopération bilatérale entre le Cameroun et la Chine.


Signée en son temps par Emmanuel Nganou Djoumessi alors ministre de l’Economie, de la planification et de l’aménagement du territoire (Minepat), le Cameroun est actuellement en phase de remboursement. Quant au montant non remboursé, il est évalué à près de 50 milliards Fcfa et devrait arriver à échéance en 2022. Vu sous cet angle, il est clair que la justice impute purement et simplement à l’ex Mindef, le détournement de 196 milliards Fcfa soit l’intégralité du montant total de la Convention de prêt d’Etat à Etat qui se chiffre à 300 millions d’euros. Ce qui veut dire en d’autres termes que le partenaire chinois n’a rien livré avec sa complicité.

Obligations conventionnelles

Or, à écouter les explications fournies intuitu personae par Mebe Ngo’o devant le juge, sa prétendue accusation de détournement du montant intégral de la Convention fait peser sur le caractère exemplaire de la relation bilatérale avec la Chine dont le cinquantenaire a été célébré cette année avec toute la pompe diplomatique. « Non seulement la Chine a marqué sa disponibilité à accompagner le Cameroun dans la réalisation de cet important projet refusé à d'autres pays, mais en plus elle a rempli toutes ses obligations conventionnelles dans des délais qui ont permis au Cameroun de relever efficacement ses grands défis de sécurité et de défense d'hier et d'aujourd'hui », commente sous cape un cadre au ministère des Relations extérieures.


Faut-il donc facilement penser que la deuxième puissance du monde a exécuté, en complicité avec un ministre camerounais, une Convention fictive de prêt pour laquelle elle perçoit le remboursement qui arrivera à échéance en 2022? Trop gros pour être vrai ! Plus ahurissant, la Caisse autonome d’amortissement (Caa) a-t-elle le droit de rembourser une dette dont le montant a été détourné ? Pourquoi donc le ministère de la Défense ne revendique-t-il pas une livraison fictive ou partielle des matériels majeurs prévus ? Des interrogations qui ouvrent fatalement la boite de Pandore. Ce d’autant plus que accuser Mebe Ngo’o de détournement de 196 milliards 800 millions Fcfa revient aussi à accuser la Chine d'avoir exécuté une Convention fictive de prêt. Or, l’ensemble des matériels majeurs prévus dans ladite Convention ont été livrés et réceptionnés par l'armée camerounaise.


Et la Caa rembourse la dette correspondante au vu des documents attestant des livraisons. Enfin, l'observation du Secret Défense consiste à s'abstenir de dévoiler sur la place publique la nature les quantités et les caractéristiques techniques des matériels majeurs qui sont des données stratégiques et qui sont contenus dans un document classé « Secret défense ». Le mis en cause, soucieux de l’intégrité du territoire et patriote dans l’âme, l’a d’ailleurs soulevé lors des précédentes audiences.

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