Actualités of Monday, 5 January 2026

Source: www.camerounweb.com

Affaire Martinez Zogo : nouveau rebondissement ce lundi au tribunal militaire

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Le procès de l'assassinat du journaliste Martinez Zogo entre dans une phase décisive ce lundi 5 janvier 2026 au tribunal militaire de Yaoundé. La "cross-examination" du Commissaire Divisionnaire Ellong Lobe James se poursuit, tandis que la défense de Maxime Eko Eko demande une accélération du calendrier des audiences.



Dès 10 heures ce lundi, le tribunal militaire de Yaoundé reprend l'audition du 17e témoin dans l'affaire de l'assassinat de Martinez Zogo. Le Commissaire Divisionnaire Ellong Lobe James, dont l'interrogatoire avait débuté le 17 décembre 2025, se trouve à nouveau au centre des débats. Son témoignage porte sur les procédures internes de la Direction Générale de la Recherche Extérieure (DGRE).

Cette semaine s'annonce charnière pour ce procès qui captive l'opinion publique depuis le meurtre brutal de l'animateur d'Amplitude FM en janvier 2023.
Une demande d'accélération du procès
L'organisation même du calendrier judiciaire pourrait évoluer. Me Ofomo, l'un des conseils de Maxime Eko Eko Léopold, a sollicité une modification du rythme des audiences. Selon les informations rapportées par Polycarpe Xavier Atangana, la défense demande de passer de deux à trois audiences toutes les trois semaines.

Le Président du Tribunal, le Colonel Missé Njoné Jacques, doit se prononcer sur cette requête durant la session qui s'achève le mardi 6 janvier. Cette demande d'accélération intervient alors que les familles des victimes réclament une justice rapide mais rigoureuse.

Au cœur des débats, la distinction entre la légalité républicaine et l'exécution des ordres militaires refait surface. Un échange marquant entre le MDL Tongué Nana Stéphane et le Lt/Col Dina Bell avait particulièrement frappé les esprits.
À la question : "Mon Colonel, quelle différence faites-vous entre un ordre et une mission ?", ce dernier avait répondu sans détour : "Si mon patron me demande de faire une mission que je juge illégale, je ne suis pas libre de la faire ou pas. Cependant je dois en assumer les conséquences. Si je décide d'exécuter cette mission, le terrain commande la manœuvre."
L'accusé avait alors rétorqué : "Mon Colonel, vous venez de sauver des vies. Merci." Une réplique qui en dit long sur la complexité de la chaîne de commandement dans cette affaire.

L'audience de ce lundi s'annonce particulièrement tendue. Les avocats des ayants droit, la défense et Me Claude Assira pour l'État du Cameroun devront confronter le témoin aux déclarations des accusés comme Zokmekin — de garde chez le DGRE le jour des faits mais appelé par Justin Danwé — ou encore Saïwang Yves et Godje Oumarou.

Près de trois ans après le meurtre qui a bouleversé le Cameroun, les familles des victimes attendent toujours que la lumière soit faite sur les véritables donneurs d'ordres de ce crime.