Selon des informations exclusives, le lieutenant-colonel Ayissi Nanga Parfait a adressé une lettre au ministre délégué à la Présidence chargé de la Défense, Joseph Beti Assomo, dans laquelle il affirme avoir été victime d'une tentative d'assassinat le 19 août 2026 à Ebolowa. Il accuse un des accusés actuellement en détention d'être le commanditaire de cette tentative.
C'est une nouvelle révélation qui jette une lumière crue sur les risques encourus par les témoins dans l'affaire Martinez Zogo. Selon des informations exclusives, le lieutenant-colonel Ayissi Nanga Parfait a saisi le ministre de la Défense, Joseph Beti Assomo, d'une lettre dans laquelle il affirme avoir échappé à une tentative d'assassinat.
Les faits dénoncés
Selon la correspondance, les faits se seraient produits le 19 août 2026 à Ebolowa. Le lieutenant-colonel Ayissi Nanga Parfait affirme avoir été la cible d'une tentative d'assassinat commanditée par l'un des accusés actuellement détenus dans le cadre du procès Martinez Zogo. Une accusation d'une extrême gravité, qui suggère que, malgré leur incarcération, certains protagonistes du dossier continueraient de disposer de moyens d'action à l'extérieur.
Un officier qui en sait trop
Le lieutenant-colonel Ayissi Nanga Parfait n'est pas un témoin ordinaire dans cette affaire. En janvier 2023, alors qu'il commandait le Groupement territorial de Gendarmerie du Mfoundi, c'est lui qui avait été alerté par le sous-lieutenant Legrand Ngamby après la réception des messages de Justin Danwe évoquant une « correction » à infliger à Martinez Zogo . C'est cette alerte qui avait déclenché la série d'interpellations, conduisant notamment à l'arrestation de Jean-Pierre Amougou Belinga et de Léopold Maxime Eko Eko .
Mais c'est surtout pour avoir posé une question dérangeante que le lieutenant-colonel Ayissi Nanga aurait été écarté de la commission d'enquête mixte. Il avait demandé l'audition des opérateurs de téléphonie mobile — Camtel, Orange, MTN — afin d'établir l'origine de la coupure ciblée d'Internet survenue pendant l'opération du commando de la DGRE . Une démarche qui visait à identifier l'autorité ayant ordonné cette coupure, un aspect potentiellement crucial pour comprendre les circonstances exactes de l'enlèvement et de la mort du journaliste.
Une audience sous tension
Cette révélation intervient dans un contexte de vives tensions au Tribunal militaire de Yaoundé. Le 13 octobre 2026, le lieutenant-colonel Ayissi Nanga Parfait avait fait irruption dans la salle d'audience à la fin de l'audition du lieutenant-colonel Dieudonné Bialo, 35ᵉ témoin de l'accusation. Selon le récit du politologue Moussa Njoya, l'officier, « tout tremblant », avait exprimé sa volonté de témoigner tout en demandant la protection du tribunal, affirmant que sa vie était « gravement menacée » .
Les questions qui demeurent
Cette lettre au ministre de la Défense soulève de nombreuses interrogations. Quelles sont les circonstances exactes de cette tentative d'assassinat du 19 août à Ebolowa ? Qui en sont les auteurs matériels ? Et surtout, comment un accusé détenu à la prison centrale de Kondengui aurait-il pu, depuis sa cellule, commanditer une telle opération ?
Pour l'heure, ni le ministre de la Défense ni le Tribunal militaire de Yaoundé n'ont communiqué sur cette affaire. Une chose est certaine : cette nouvelle révélation confirme que, plus de trois ans après l'assassinat de Martinez Zogo, les zones d'ombre et les risques persistent autour de ce dossier explosif.









