Le procès de l'assassinat de Martinez Zogo a connu un nouveau rebondissement avec les révélations du colonel Otoulou sur la localisation du téléphone d'Amougou Belinga contenant la vidéo de la torture. Selon son témoignage, l'appareil se trouvait au quartier Biyem-Assi à Yaoundé, mais le commissaire du gouvernement Cerlin Belinga aurait ordonné de ne pas interpeller les personnes qui le détenaient. Un téléphone toujours introuvable, et huit autres appareils disparus.
Le colonel Jean-Pierre Otoulou, ancien commandant de la Légion de gendarmerie du Centre, a déclaré lors de son audition qu'il avait localisé le téléphone d'Amougou Belinga dans lequel se trouvait la vidéo de la torture de Martinez Zogo. L'appareil se trouvait au quartier Biyem-Assi à Yaoundé, détenu par Melissa Amougou, la nounou de ses enfants et un jeune homme résidant dans le quartier.
Mais le commissaire du gouvernement Cerlin Belinga, en sa qualité de directeur d'enquête, aurait expressément ordonné à Otoulou de ne pas interpeller ces personnes. De son côté, Me Tchoungang, avocat d'Amougou Belinga, s'était engagé à restituer ce téléphone. À ce jour, l'appareil demeure introuvable et n'a jamais été rapporté.
Huit autres téléphones disparus
Ce n'est pas tout : huit autres téléphones appartenant à Amougou Belinga restent également dissimulés à ce jour. La vidéo des sévices corporels infligés à Martinez Zogo avait été remise à Amougou Belinga par Justin Danwe le 18 janvier 2023 aux environs de 13h à l'immeuble Ekang, en présence de sa secrétaire, Mbeng Diane. Cette dernière avait installé l'application WhatsApp sur l'appareil afin que le « Zomloa du meurtre » y reçoive le fichier vidéo. Lors de son audition, Mbeng Diane a pleinement reconnu ces faits.
La transmission de cette vidéo par le commando (Danwe) au commanditaire présumé (Amougou Belinga) valide la thèse du « compte-rendu d'exécution ». La dissimulation délibérée d'éléments recherchés par la justice constitue une entrave à la manifestation de la vérité.
Plusieurs questions se posent : pourquoi le commissaire du gouvernement a-t-il expressément interdit l'interpellation des personnes détenant l'élément de preuve principal ? Qui veut-il protéger ? Sur quelle base juridique Me Tchoungang a-t-il pu s'engager à « ramener » une pièce à conviction clé sans faire l'objet d'une sommation d'huissier ou d'une mise en demeure ?
La disparition physique des téléphones n'annule pas la preuve si son existence et son parcours sont établis par d'autres moyens (témoignages, procès-verbaux d'audition). Les numéros IMEI des 9 téléphones portés disparus ont-ils été identifiés pour vérification de leur présence sur le réseau GSM depuis l'arrestation ?
Ces zones d'ombre jettent une lumière crue sur les obstacles rencontrés par l'enquête et renforcent les soupçons sur une volonté de protéger les commanditaires présumés du crime.









