Actualités of Monday, 10 August 2026

Source: www.camerounweb.com

Affaire Martinez Zogo : Moussa Njoya détruit le Col Jean Pierre Otoulou

Les audiences des 3 et 4 août dans l’affaire Martinez Zogo étaient consacrées au contre-interrogatoire du 34ᵉ témoin, le colonel Jean-Pierre Otoulou. La première journée, menée par les avocats de la partie civile et de la DGRE, s’est déroulée dans une atmosphère jugée particulièrement cordiale, les deux parties semblant parfois faire preuve d’une certaine proximité face à la défense. Le témoin a essentiellement confirmé ses déclarations antérieures, notamment sur le rôle attribué à Justin Danwé, Eko Eko, Amougou Belinga et Bruno Bidjang dans le déroulement de l’enquête. La deuxième journée, consacrée aux avocats de la défense, a en revanche été marquée par des réponses évasives et une « amnésie sélective » du colonel Otoulou face aux questions des avocats des accusés.


Les 03 et 04 août derniers se tenait une autre session d’audiences de l’affaire Martinez Zogo, et qui était consacrée à la cross examination, c’est-à-dire le contre-interrogatoire du 34e témoin par les avocats de la partie civile (ceux des ayants-droits de Martinez Zogo), du civilement responsable (ceux de la DGRE) et de la défense (ceux des accusés).

La première journée a été totalement consacrée aux avocats de la partie civile et du civilement responsable, qui ont brillé par leur extrême politesse, leur grande convivialité et leur constante empathie vis-à-vis du témoin. D’ailleurs, la bonne entente entre les avocats de ces deux parties, pourtant censées être les principaux adversaires du procès était si apparente que même le président du tribunal, lors d’une objection d’un des avocats de la partie civile, n’a pas manqué de faire remarquer sous forme de boutade que « la partie civile et le civilement responsable étaient aussi solidaires », face aux avocats de la défense.

Et durant l’ensemble de cet interrogatoire, qui donnait à bien de moments des impressions de questions-réponses préparées à l’avance, le témoin a pour l’essentiel confirmé ce qu’il avait déjà dit au cours de ses propos introductifs lors de la précédente audience.

Ainsi, il a expliqué à maintes reprises que c’est en suivant la piste du « Prado noir » et du listing de son téléphone qu’il est arrivé à Justin Danwé ; et que c’est ce dernier qui a donné la composition des membres du commando par le truchement de Ebo, qu’il a fait interpeller. Dans le même sillage, il a maintenu que c’est toujours Danwé qui a indexé son patron Eko Eko comme étant son commanditaire, et que celui-ci à son tour a fourni l’audio qui a permis d’interpeller Amougou Belinga. Et que par la suite, c’est la fourniture d’une capture d’écran d’une conversation de Bruno Bidjang avec Paul Daizy Biya, et dans laquelle il disait qu’ils seront « sans pitié » pour Martinez qui a scellé son sort.

Au bout de cette audition, au cours de laquelle le tribunal aura au demeurant très peu pris des notes, car il s’est agi essentiellement pour le témoin de confirmer ce qu’il avait déjà dit à plusieurs reprises, la deuxième journée a été occupée par les avocats de Justin Danwé (Me Jacques Mbuny), de Amougou Belinga et Bruno Bidjang (Me Essono, Me Tchudjo, Me Ndoumou et Me Tchoungang), et de Zockmeping (Me Jean Paul Pepouere).

Et c’est au cours de ces auditions que le colonel Jean Pierre Otoulou a servi à l’assistance un chef d’œuvre d’esquive et surtout d’amnésie sélective devant la barre.

Voici un tout petit aperçu de ce master-class de dérobade judiciaire, sous forme de questions-réponses :

Q : Combien de personnes avez-vous auditionnées au total lors de votre propre enquête préliminaire ?
R : Je ne m’en rappelle pas !

Q : Avez-vous suivi le capitaine Effoudou ces derniers jours dans les réseaux sociaux ?
R : Oui !

Q : Si vous l’aviez suivi au moment de votre enquête préliminaire, est-ce que vous auriez orienté votre enquête différemment, puisque vous avez dit que votre enquête a été en partie orientée par ce que vous suiviez dans les réseaux sociaux ?
R : Non ! J’avais déjà les auteurs qui ont avoué ! Donc, je n’avais plus rien à chercher !
(Or, depuis l’entrée en vigueur du code de procédure pénale du 27 juillet 2005, l’aveu n’est plus la mère des preuves. C’est pour cela que les OPJ et les parquets cherchent souvent à corroborer les aveux par des faits bien établis. Car, un aveu peut viser à dissimuler les vrais coupables, ainsi que les vrais commanditaires. Ceci est davantage important dans le cas d’un suspect comme Danwé qui change de version à chaque audition).

Q : Comment avez-vous su qu’il s’agissait du Prado du Colonel Danwé qui a servi pour l’enlèvement ?
R : Je me suis servi des vidéos amateures et celles de la vidéosurveillance de la ville, et dans lesquelles j’ai reconnu le véhicule de Danwé !

Q : Connaissez-vous l’immatriculation du véhicule du colonel Danwé ?
R : Non !

Q : Comment savez-vous alors qu’il s’agissait du Prado du colonel Danwé ?
R : Il est passé aux aveux

Q : Et comment se fait-il qu’il y a une autre personne (Engwelegwele) qui est poursuivie pour avoir loué le véhicule ayant servi à l’opération ?
R : Je ne sais pas !

Q : Qu’avez-vous promis au colonel Danwé, qui est un officier rompu des services de renseignements, pour qu’il passe si facilement aux aveux ?
R : C’est par un « jeu d’enquête » qu’il est passé aux aveux !

Q : Quand vous êtes descendu au poste de gendarmerie de Nkolgodi, le commandant de compagnie de Yaoundé 3 vous a remis un lot de documents. Que contenaient ceux-ci ?
R : Je ne sais pas ! je ne les ai pas consultés !
(Comment un officier supérieur de gendarmerie peut-il recevoir un lot de documents appartenant à la victime d’un enlèvement et ne pas chercher à l’explorer, ne serait-ce que sommairement ?)

Q : Avec qui avez-vous mené la confrontation entre Danwé et Amougou Belinga ?
R : Je ne me rappelle plus !

Q : Lors de la descente au poste de gendarmerie de Nkolgodi, le commandant de compagnie de Yaoundé 3 vous a remis les deux téléphones de Martinez Zogo. Pourquoi n’avez-vous pas demandé son exploration par l’expert Bitjoka que vous avez requis ?
R : Je ne trouvais pas cela important !

Q : Avez-vous saisi les téléphones des autres membres du commando ?
R : Je ne me rappelle pas !

Q : Est-ce que les téléphones des membres du commando qui ont été saisis ont-ils été soumis à l’expertise forensique ?
R : Je ne sais pas !

Q : Avez-vous transmis un rapport de votre descente à la DGRE au Commissaire du gouvernement ?
R : Je ne me rappelle pas !

Q : À quelle heure avez-vous procédé à la première audition du colonel Danwé ?
R : Je ne me rappelle pas !

Q : Avez-vous proposé au colonel de se faire assister d’un avocat ?
R : Je ne me rappelle pas !

Q : Savez-vous que certains de vos collaborateurs sont allés voir le colonel Danwé pour lui faire des promesses durant sa détention, ce qui expliquerait ses changements successifs de versions ?
R : Je ne le sais pas !

Q : Dans un procès-verbal datant du 23 janvier 2023, il y est mentionné que Madame Diane Zogo, l’une des épouses de Martinez Zogo, a reçu un coup de fil le lendemain de l’enlèvement de son mari, à savoir le 18 janvier 2023. Et au cours de celui-ci, son interlocuteur lui faisait savoir qu’il est de la DGRE, et que son mari a été enlevé, et qu’elle devait aller chercher du côté du poste de gendarmerie de Nkolgondi. Avez-vous cherché à vérifier à qui appartenait le numéro de téléphone qui l’a appelé ?
R : Non, je ne l’ai pas fait ! Je n’ai pas estimé que ce fût important ! Je savais déjà que le coup a été fait par un service spécial, lors de ma descente au poste de gendarmerie de Nkolgodi.

Q : Reconnaissez-vous avoir demandé au colonel Danwé de ne pas parler de certaines choses devant la commission d’enquête mixte ?
R : Oui, je l’ai fait !

Q : Reconnaissez-vous que lors de la commission d’enquête, il était interdit aux avocats d’avoir ne serait-ce qu’un calepin et un stylo pour prendre des notes ?
R : Oui !

Q : Reconnaissez-vous qu’en date du 14 février 2023, dans un soit fait retour le commissaire du gouvernement vous demandait d’établir en régularisation des mandats d’arrestation et des mandats de garde à vue des suspects ?
R : Je ne me rappelle pas ! Nous étions déjà dans la commission d’enquête mixte, et c’est le commissaire du gouvernement qui était le chef de l’enquête.

Q : À quelle heure exacte avez-vous interpellé Monsieur Amougou Belinga ?
R : Je ne me rappelle plus !

Q : Avec quel document avez-vous procédé à l’interpellation de Amougou Belinga et de Bruno Bidjang ?
R : Avec « une convocation dès réception » !

Q : Est-ce un document légal pour une interpellation ?
R : On a l’habitude de faire comme ça en cas d’urgence !

Q : Ces « convocation dès réception » existent-elles dans le dossier de l’affaire ?
R : Je ne sais pas ! Mais je pense que oui !
(Lesdites convocations ne figurent pas dans le dossier).

Q : Quel est le nombre exact d’hommes que vous avez envoyés pour l’interpellation de Amougou Belinga et Bruno Bidjang ?
R : Je ne me rappelle pas ! je sais juste qu’ils étaient beaucoup !

Q : Pourquoi avez-vous fait encercler le domicile de Amougou Belinga dès le 03 février 2023 ?
R : Je ne m’en souviens pas !

Q : Pourquoi avez-vous fouillé de fond en comble les domiciles de Monsieur Amougou Belinga ?
R : C’était une perquisition !

Q : Aviez-vous pour cela un mandat de perquisition ?
R : Non ! Mais, nous faisons souvent ainsi quand nous sommes en face des éléments pouvant permettre la manifestation de la vérité !

Q : Savez-vous ce que la loi dit en pareille circonstances !
R : Silence …
Avocat : La loi vous dit que vous devez demander l’autorisation du propriétaire des lieux. Et s’il s’oppose, vous montez la garde et vous allez chercher un mandat de perquisition.

Q : Qu’est-ce qui a été pris chez Amougou Belinga ?
R : Je ne me rappelle plus !

Q : À quelle heure avez-vous notifié sa garde à vue à Amougou Belinga ?
R : Je ne me rappelle pas ! On était déjà dans le cadre de la commission d’enquête mixte, et c’est le commissaire du gouvernement qui était le chef de l’enquête !
(pourtant Amougou Belinga, Bruno Bidjang et Cie ont été interpellés très tôt en matinée et la commission mixte a été mise en place en fin d’après-midi du 06 février 2023).

Q : Quelle est la durée légale de la garde à vue !
R : Je ne suis pas là pour faire un cours de police judiciaire !

Q : Savez-vous que Amougou Belinga a fait 29 jours de garde à vue ?
R : Je ne me rappelle pas ! On était déjà dans le cadre de la commission d’enquête mixte, et c’est le commissaire du gouvernement qui était le chef de l’enquête !

Q : Y a-t-il eu un mandat de scellé des objets pris chez Amougou Belinga ?
R : Je ne me rappelle pas ! On était déjà dans le cadre de la commission d’enquête mixte, et c’est le commissaire du gouvernement qui était le chef de l’enquête !

Q : Est-ce que c’est le commissaire du gouvernement qui vous demandé de ne pas signer certains procès-verbaux ?
R : Je ne me rappelle pas ! On était déjà dans le cadre de la commission d’enquête mixte, et c’est le commissaire du gouvernement qui était le chef de l’enquête !

Q : Dans quelles conditions se sont déroulées les interpellations d’Amougou Belinga et de Bruno Bidjang ?
R : Je ne me rappelle pas ! On était déjà dans le cadre de la commission d’enquête mixte, et c’est le commissaire du gouvernement qui était le chef de l’enquête !

Q : Est-il exact que c’est à la seule date du 22 février 2023 que vous avez notifié les 6 procès-verbaux de garde à vue de Amougou Belinga devant ses conseils ?
R : Je ne me rappelle pas ! On était déjà dans le cadre de la commission d’enquête mixte, et c’est le commissaire du gouvernement qui était le chef de l’enquête !

Q : Est-il exact que c’est dans un soit fait retour du 03 mars 2023 que le commissaire du gouvernement vous demande de régulariser les procès-verbaux d’enquête ?
R : Je ne me rappelle pas ! On était déjà dans le cadre de la commission d’enquête mixte, et c’est le commissaire du gouvernement qui était le chef de l’enquête ! J’étais transparent !
(Alors qu’il a déclaré au début de l’audition que c’est lui qui a procédé à 80% de l’enquête préliminaire, et que c’est lui qui était le chef de la commission d’enquête mixte police-gendarmerie, et qu’il est signataire de tous les procès-verbaux)
Avocat : Monsieur Otoulou, vous refusez de répondre aux questions comme si le fait d’appartenir à la commission d’enquête mixte police-gendarmerie vous empêcherait de répondre de vos actes !

Q : À quelle heure avez-vous saisi les téléphones d’Amougou Belinga
R : Je ne me rappelle pas ! On était déjà dans le cadre de la commission d’enquête mixte, et c’est le commissaire du gouvernement qui était le chef de l’enquête !

Q : Il ressort d’un procès-verbal que vous avez interpellé Monsieur Amougou Belinga à 06h 05 minutes. Mais il ressort d’un autre procès-verbal que vous le trouvez chez lui à 10h 05 minutes pour l’interpeller. Comment cela est-il possible d’interpeller la même personne deux fois ?
R : Je ne me rappelle pas ! On était déjà dans le cadre de la commission d’enquête mixte, et c’est le commissaire du gouvernement qui était le chef de l’enquête !

Q : Vous avez encore établi un procès-verbal de saisie de ses téléphones à 10h 05 minutes comment ?
R : Je ne me rappelle pas ! On était déjà dans le cadre de la commission d’enquête mixte, et c’est le commissaire du gouvernement qui était le chef de l’enquête !
(Alors que c’est lui qui a signé seul le procès-verbal de saisi des téléphones)

Q : Dans un procès-verbal, il est dit que Monsieur Bruno Bidjang est interpellé chez lui à Emana. Mais dans un autre, il est fait état de ce qu’il est interpellé chez Monsieur Amougou Belinga au complexe BEAC. Finalement, où a-t-il été interpellé ?
R : Je ne me rappelle pas ! On était déjà dans le cadre de la commission d’enquête mixte, et c’est le commissaire du gouvernement qui était le chef de l’enquête !

Q : Dans un procès-verbal, il est dit qu’étant chez Bruno Bidjang, vous avez saisi deux tablettes Apple et un téléphone Apple. Et à un moment, il est dit qu’il lui est présenté pour qu’il les reconnaisse ses deux téléphones, un iPhone 14 pro et un galaxie z, qui sont plutôt les téléphones de Amougou Belinga, comment cela se fait-il ?
R : Je ne me rappelle pas ! On était déjà dans le cadre de la commission d’enquête mixte, et c’est le commissaire du gouvernement qui était le chef de l’enquête !

Q : Finalement Monsieur Otoulou, c’est au commissaire du gouvernement qu’il faut poser toutes les questions liées à l’enquête préliminaire ?
R : Oui ! C’était lui le directeur de la commission d’enquête mixte. Surtout en ce qui concerne les questions de forme et non mes indices !

Q : Les questions liées à la gestion des entreprises de Monsieur Amougou Belinga, ainsi que leurs sources de financement participaient toujours de l’enquête dans l’affaire Martinez Zogo ?
R : Je ne me rappelle pas ! On était déjà dans le cadre de la commission d’enquête mixte, et c’est le commissaire du gouvernement qui était le chef de l’enquête !

Q : Où avez-vous interpellé le colonel Etoundi Nsoé ?
R : Chez Monsieur Amougou Belinga au complexe BEAC !

Q : En êtes-vous sûr ?
R : Je ne me rappelle pas ! On était déjà dans le cadre de la commission d’enquête mixte, et c’est le commissaire du gouvernement qui était le chef de l’enquête !
(Pourtant il se rappelle dans les menus détails des vidéos qui se trouvaient dans le téléphone de Godje)

Q : Avez-vous vérifié les autres « liens forts » que Danwé avait avec d’autres personnalités telles que l’ancien directeur général des impôts, Modeste Mopa, ou encore le ministre d’État Ngoh Ngoh et son épouse ?
R : Non ! j’avais déjà ma piste, et elle a payé !

Q : Savez-vous que la liasse de documents qui a été trouvée dans la voiture de Martinez Zogo n’a pas été mise sous scellé et a été retrouvée dans son véhicule ici au niveau du tribunal militaire ?
R : Je ne me rappelle pas ! On était déjà dans le cadre de la commission d’enquête mixte, et c’est le commissaire du gouvernement qui était le chef de l’enquête !

Q : Il ressort d’un procès-verbal que les deux téléphones de Martinez Zogo vous ont été remis. Les avez mis sous scellé ?
R : Je les avais remis à l’un de mes capitaines et je ne sais pas ce qu’ils sont devenus ?

Q : Quand on vous a remis ces téléphones, avez-vous chercher à les explorer, ne serait-ce que pour voir qui étaient ses derniers correspondants ?
R : Non ! Pour moi ce n’était pas nécessaire !

Q : Savez-vous que c’est seulement un seul des deux téléphones qui a été remis au commissaire du gouvernement ?
R : Je ne me rappelle pas ! On était déjà dans le cadre de la commission d’enquête mixte, et c’est le commissaire du gouvernement qui était le chef de l’enquête !

Q : Savez-vous que c’est un membre de la commission mixte, le commissaire Meva, qui a décidé de garder par devers lui le fameux deuxième téléphone de Martinez Zogo ?
R : Je ne me rappelle pas ! On était déjà dans le cadre de la commission d’enquête mixte, et c’est le commissaire du gouvernement qui était le chef de l’enquête !

Q : Pourquoi n’avez-vous pas demandé d’expertiser les téléphones de Martinez Zogo, ne serait-ce que pour reconstituer le parcours de la victime à partir de la première scène de crime ?
R : Je n’en avais pas besoin ! j’avais déjà ma piste, et elle a payé !
(Il est à noter que les 48h premières heures sont déterminantes pour retrouver la victime et les auteurs d’un enlèvement)

Q : Les deux experts commis par vous et lors de l’information judiciaire ont conclu n’avoir trouvé aucun lien entre Amougou Belinga, Bruno Bidjang, Eko Eko et l’assassinat de Martinez Zogo. Pourquoi n’avoir pas suivi vos experts ?
R : Les experts font leurs rapports de manière neutre, et c’est à moi de faire les analyses. J’ai prélevé des éléments dans les rapports, mais je ne les ai pas suivis entièrement !

Q : Il ressort d’un procès-verbal que la connexion du groupe WhatsApp mis sur pied par le commando a été coupée entre 21h et 23h. (…) Ce qui laisse penser à un autre commando qui a fait un coup dans le coup. Le commandant Ayissi a demandé d’explorer cette piste, car il n’y a que les opérateurs de téléphonie mobile qui peuvent faire une telle suspension. Pourquoi n’avoir pas cherché à approcher ces opérateurs pour y voir clair ?
R : Je ne me rappelle pas ! On était déjà dans le cadre de la commission d’enquête mixte, et c’est le commissaire du gouvernement qui était le chef de l’enquête !

Bref, les réponses du témoin étant si harassantes voire si agaçantes dans leur monotonie que le président du tribunal a ordonné la suspension d'audience! Rendez-vous pris pour les 31 août et 1er septembre prochains. Et une fois de plus, j'exhorte tous ceux qui ont un peu de temps à venir suivre eux-mêmes les audiences, car les comptes-rendus faits par les journalistes et autres lanceurs d'alerte... vaut mieux ne pas les qualifier!

Moussa Njoya