Dans une correspondance datée du 13 octobre 2026, le lieutenant-colonel Ayissi Nanga, commandant en second à la Légion de gendarmerie du Sud et témoin de l’accusation dans l’affaire Martinez Zogo, a sollicité une audition urgente devant le Tribunal militaire de Yaoundé. Il affirme craindre pour sa vie et celle de ses proches, évoquant une tentative d’homicide présumée à Ebolowa, des menaces, une surveillance et des pressions financières destinées à le dissuader de témoigner.
L'affaire de l'assassinat ignoble et macabre de Martinez Zogo continue de livrer son lot de révélations et de préoccupations. Cette fois, c'est le lieutenant-colonel Ayissi Nanga, commandant en second à la Légion de gendarmerie du Sud et témoin de l'accusation, qui monte au créneau pour exprimer ses craintes et solliciter une audition urgente devant le Tribunal militaire de Yaoundé.
Dans une correspondance datée du 13 octobre 2026, adressée au ministre délégué à la Présidence chargé de la Défense, avec ampliation au commissaire du gouvernement près le Tribunal militaire de Yaoundé, cet officier demande à être entendu au cours des audiences prévues cette semaine. Son objectif affiché : pouvoir déposer rapidement, dans un contexte où il affirme craindre pour sa sécurité et celle de ses proches.
DES MENACES, UNE TENTATIVE D'HOMICIDE ALLÉGUÉE ET DES PRESSIONS DÉNONCÉES
Dans cette lettre, le lieutenant-colonel Ayissi Nanga affirme avoir été victime d'une expédition menaçante et même d'une tentative d'homicide à Ebolowa, dans la nuit du 19 au 20 août dernier. Il attribue ces faits présumés à l'un des accusés et à des complices qui seraient encore en liberté.
L'officier affirme également être surveillé par des individus inconnus, dont il juge l'apparence inquiétante. Selon ses déclarations, ces personnes chercheraient à suivre ses déplacements et à influencer sa conduite devant le tribunal.
Plus grave encore, il évoque des menaces téléphoniques, des tentatives de dissuasion et des promesses financières qui lui auraient été faites pour l'empêcher de témoigner. Il assure détenir des éléments de preuve qu'il estime susceptibles d'étayer ses accusations.
« JE VEUX TÉMOIGNER AVANT MON RETOUR À EBOLOWA ! »
C'est l'une des préoccupations majeures exprimées dans ce courrier. Le lieutenant-colonel Ayissi Nanga demande que son témoignage soit intégralement recueilli avant son retour à Ebolowa, invoquant les risques qu'il estime peser sur sa vie.
Tout en reconnaissant les difficultés d'organisation des audiences et les contraintes liées à la disponibilité des différentes parties, il prie le ministre de faciliter son passage devant le tribunal dans les meilleurs délais.
En clair, cet officier veut être entendu et ne souhaite pas que les contraintes procédurales retardent davantage son témoignage, au regard des menaces qu'il affirme subir.
Cette demande du Lieutenant-colonel Ayissi Nanga soulève désormais une question centrale : qui protège ceux qui doivent témoigner ? Est-ce que nous avons au Cameroun un programme de protection des témoins ?
Dans une affaire aussi sensible et gravissime que celle de l'assassinat de Martinez Zogo, la protection des témoins constitue un enjeu majeur pour la manifestation de la vérité et la crédibilité de la procédure judiciaire.
Si les menaces dénoncées par le lieutenant-colonel Ayissi Nanga sont avérées, elles soulèveraient de graves questions sur la sécurité des personnes appelées à contribuer à la manifestation de la vérité. Aucun témoin ne devrait être intimidé, menacé ou acheté pour renoncer à déposer devant une juridiction.
Il appartient donc aux autorités compétentes, notamment le Ministre de la Défense d'examiner avec diligence les faits rapportés, d'évaluer les risques éventuels et de prendre, si nécessaire, les mesures de protection appropriées.
Car au-delà de la personne de cet officier, c'est une exigence fondamentale qui est en jeu la justice doit pouvoir entendre les témoins librement, sans intimidation ni pression.
Le courrier du lieutenant-colonel Ayissi Nanga soulève désormais plusieurs interrogations :
●Quelles sont les preuves qu'il affirme détenir ?
●Les menaces alléguées ont-elles fait l'objet de signalements ou d'investigations ?
●Quelles dispositions seront prises pour garantir sa sécurité et lui permettre de témoigner dans des conditions sereines ?
Autant de questions auxquelles les autorités compétentes devront apporter des réponses, dans le respect de la présomption d'innocence et des exigences d'un procès équitable.
Dans l'affaire Martinez Zogo, la manifestation de la vérité doit être une exigence concrète, accompagnée de garanties effectives pour tous ceux qui peuvent contribuer à l'établissement des faits.
Quand un officier supérieur de la gendarmerie nationale du cameroun dit craindre pour sa vie à l'approche de son témoignage dans une affaire aussi sensible que celle de Martinez Zogo, ce n'est pas un simple fait divers. C'est un signal d'alarme qui mérite toute l'attention des autorités judiciaires et sécuritaires du Cameroun !
Leon Voss Shance Premium









