Actualités of Friday, 30 October 2026
Source: www.camerounweb.com
L'avocat de Martin Savom rejette les déclarations du lieutenant-colonel Parfait Ayissi Nanga devant le tribunal militaire de Yaoundé. Pour Me Clément Ananga, son client serait une victime collatérale d'une guerre entre gendarmes, et les accusations portées contre lui reposeraient sur des hypothèses plutôt que sur des preuves.
Yaoundé, le 30 octobre 2026 – La défense de Martin Savom contre-attaque. Dans l'affaire de l'assassinat du journaliste Martinez Zogo, Me Clément Ananga, avocat de l'ex-maire de Bibey, rejette en bloc les accusations formulées par le lieutenant-colonel Parfait Ayissi Nanga devant le tribunal militaire de Yaoundé. Pour l'avocat, son client serait une victime collatérale de ce qu'il présente comme une guerre entre gendarmes.
Des déclarations « influencées par la frustration »
Me Clément Ananga estime que les déclarations du témoin sont influencées par sa frustration après son éviction de la commission mixte d'enquête. « Vous remarquez qu'il critique tout ce que cette commission a pu abattre comme travail pour la simple raison qu'il en a été éjecté. Ce sont des frustrations qu'il étale au public, tout simplement », affirme l'avocat.
Il se dit également surpris par les conclusions auxquelles le lieutenant-colonel Ayissi Nanga serait parvenu sans, selon lui, apporter les éléments nécessaires pour les étayer. « C'est quand même assez étonnant qu'un enquêteur de ce rang puisse en arriver à des affirmations aussi gratuites », déclare-t-il.
L'argument de la commission d'enquête
L'avocat s'interroge notamment sur les raisons pour lesquelles le témoin n'a pas demandé l'interpellation de Martin Savom lorsqu'il était lui-même membre de la commission mixte d'enquête. « Il tente désespérément de dire qu'on est coupable parce qu'on n'a pas été convoqué par un enquêteur. Alors même que lui-même était enquêteur dans cette commission », soutient Me Clément Ananga.
Pour la défense, l'absence d'exploration d'une piste d'enquête ne saurait suffire à désigner un coupable. L'avocat fait notamment référence aux déclarations du témoin sur le dernier appel téléphonique émis par Martinez Zogo. « Comme ils ne l'ont pas fait, alors c'est celui-là qu'on protège, c'est celui-là qui a tué Martinez Zogo. C'est un peu tiré par les cheveux », affirme-t-il.
« Le droit pénal ne s'accommode pas des hypothèses »
Me Clément Ananga insiste sur la nécessité de présenter des preuves concrètes pour établir la responsabilité pénale d'un accusé. Il évoque notamment les témoignages directs, les aveux ou encore les preuves audiovisuelles susceptibles d'établir les circonstances d'un crime.
« Établir la culpabilité d'un individu est un processus qui est jalonné de preuves et non des hypothèses. Le droit pénal ne s'accommode pas des hypothèses. Le droit pénal s'accommode d'une démonstration scientifique », martèle-t-il.
L'avocat estime que le témoignage du lieutenant-colonel Parfait Ayissi Nanga ne lui a pas apporté les éléments qu'il attendait pour étayer les accusations contre son client. La défense entend donc contester point par point les déclarations du témoin, dans un dossier où les tensions entre les différentes parties restent vives.