Actualités of Tuesday, 14 July 2026

Source: www.camerounweb.com

Affaire Martinez Zogo : Martin Savom blanchi

Les conclusions du rapport de l’expert Oloumou mis en doute Les conclusions du rapport de l’expert Oloumou mis en doute

Lors du procès de l'affaire Martinez Zogo devant le Tribunal militaire de Yaoundé du lundi 13 juillet, la défense de Martin Savom a soumis l'expert en informatique légale Jean Pierre Oloumou à un contre-interrogatoire serré. L'expert a reconnu ne disposer d'aucune preuve établissant directement l'implication de Martin Savom, affirmant n'avoir relevé que des interrogations.

Un autre avocat de Martin Savom, Me Nanga, a poursuivi le contre interrogatoire de l’expert en informatique légale Jean Pierre Oloumou devant le Tribunal militaire de Yaoundé, en lui demandant de présenter des éléments de preuve démontrant une quelconque implication de son client dans l’assassinat de Martinez Zogo.

Jean Pierre Oloumou a répondu qu’à ce stade, il ne disposait que de questions et non d’éléments établissant directement une implication de Martin Savom.

Me Nanga a ensuite interrogé l’expert sur la différence entre des recommandations et des informations. Oloumou a reconnu qu’il existait une différence entre les deux. L’avocat lui a alors demandé s’il relevait de son rôle de formuler des recommandations. L’expert a répété qu’il était resté avec des interrogations.

La défense a également questionné Oloumou sur la vérification des noms retrouvés dans les téléphones afin de s’assurer qu’ils correspondaient réellement aux numéros concernés. L’expert a affirmé qu’une telle vérification était possible.

L’avocat lui a demandé s’il savait que des personnes pouvaient utiliser l’identité d’autres individus. Oloumou a répondu qu’il avait effectué des recherches sur les noms retrouvés. Il a indiqué avoir identifié Martin Stephan Savom et avoir également retrouvé un autre nom sur le téléphone de Danwe, ainsi que le contact Biloa Kolo, enregistré dans le téléphone de Martinez Zogo sous le nom de Bill Marie Gigi.

Interrogé sur la possibilité qu’un expert puisse commettre des erreurs, Oloumou a répondu que sa lui regarde

Un autre avocat de Martin Savom, Me Merielle, a ensuite pris la parole, questionnant la fiabilité du rapport de l’expert, notamment au regard des difficultés financières rencontrées, du manque de temps et des blocages rencontrés auprès de certaines entreprises.

À la question de savoir comment il pouvait défendre la qualité de son rapport dans ces conditions, Oloumou a répondu que l’avocate pouvait elle-même porter un jugement sur son travail.

L’expert a expliqué avoir utilisé notamment les logiciels NetPatroller et NetRevealer, développés par une entreprise israélienne. Il a précisé avoir été formé à leur utilisation et avoir acquis ces outils pour une durée limitée de quelques jours en raison de leur coût élevé. Selon lui, cela ne signifiait pas qu’il n’avait pas pris son travail au sérieux, car une utilisation prolongée aurait nécessité des dépenses de plusieurs centaines de millions de francs CFA.

La défense a ensuite demandé si l’expert avait pu exploiter les téléphones des membres du commando impliqués dans l’affaire. Oloumou a répondu que non, expliquant qu’il n’avait pas eu le temps nécessaire et que, selon sa méthodologie, cela ne constituait pas l’élément prioritaire de son analyse.

L’avocat a rappelé que la défense avait critiqué le rapport, estimant notamment qu’il n’était pas suffisamment structuré et qu’il manquait de crédibilité. Elle a demandé à Oloumou s’il était conscient que cette affaire concernait la vie de personnes.

L’expert a choisi de ne pas répondre à cette dernière question.

Boh Elvis