Actualités of Tuesday, 4 August 2026

Source: www.camerounweb.com

Affaire Martinez Zogo : Mélissa Amougou échappe de justesse à la prison

Le Colonel souhaitait interpeller les personnes qui détenaient ce téléphone Le Colonel souhaitait interpeller les personnes qui détenaient ce téléphone

L'audience du 3 août 2026, dans le cadre du procès de l'assassinat du journaliste Martinez Zogo, a été marquée par de nouvelles déclarations relayées par le lanceur d'alerte Paul Chouta.

Selon ce dernier, le colonel Jean-Pierre Otoulou a localisé, au quartier Biyem-Assi à Yaoundé, un téléphone attribué à Jean-Pierre Amougou Belinga, appareil qui contiendrait une vidéo des actes de torture infligés à Martinez Zogo. Paul Chouta affirme que l'officier souhaitait interpeller les personnes qui détenaient ce téléphone, notamment Mélissa Amougou, présentée comme la nourrice des enfants de Jean-Pierre Amougou Belinga, ainsi qu'un jeune homme résidant dans ce quartier.

Toujours selon Paul Chouta, cette interpellation n'a finalement pas eu lieu après une instruction du commissaire du gouvernement Cerlin Belinga, directeur de l'enquête, qui a demandé au colonel Otoulou de ne pas procéder à ces arrestations.

Le lanceur d'alerte soutient également que Me Tchoungang s’est engagé à restituer ce téléphone aux enquêteurs. Il affirme toutefois que l'appareil demeure introuvable à ce jour. Huit autres téléphones attribués à Jean-Pierre Amougou Belinga sont également, selon lui, toujours recherchés.

Paul Chouta indique par ailleurs que la vidéo montrant les sévices infligés à Martinez Zogo a été transmise à Jean-Pierre Amougou Belinga par Justin Danwe le 18 janvier 2023, aux environs de 13 heures, à l'immeuble Ekang, en présence de sa secrétaire, Diane Mbeng. Selon son récit, cette dernière aurait installé l'application WhatsApp sur le téléphone afin de permettre la réception du fichier vidéo. Il ajoute que Mme Mbeng a reconnu ces faits lors de son audition, estimant que cette transmission constitue un « compte-rendu d'exécution ».

À la lumière de ces éléments, Paul Chouta soulève plusieurs interrogations :
Pourquoi le commissaire du gouvernement (Cerlin Belinga) a-t-il expressément interdit l'interpellation des personnes détenant l'élément de preuve principal ?
Qui veut-il protéger ?
Sur quelle base juridique Me Tchoungang a-t-il pu s'engager à « ramener » une pièce à conviction clé sans faire l'objet d'une sommation d'huissier ou d'une mise en demeure d'entrave à la justice ?
Les numéros IMEI des 9 téléphones portés disparus ont-ils été identifiés pour vérification de leur présence sur le réseau GSM depuis l'arrestation ?

Enfin, le lanceur d'alerte rappelle que, selon lui, la disparition matérielle des téléphones ne ferait pas nécessairement disparaître la preuve si leur existence et leur parcours peuvent être établis par d'autres éléments, tels que des témoignages ou des procès-verbaux d'audition. Il conclut qu'en procédure, la dissimulation volontaire d'éléments recherchés par la justice peut être qualifiée d'entrave à la manifestation de la vérité.