Actualités of Tuesday, 20 October 2026
Source: www.camerounweb.com
Dans l’affaire Martinez Zogo, certains observateurs dénoncent une stratégie de diversion médiatique visant à détourner l’attention des éléments examinés par la justice et à fragiliser Ferdinand Ngoh Ngoh. Ils contestent notamment les accusations formulées par l’ancien capitaine Daniel Effoudou contre ce dernier et dénonce une campagne qu’il estime liée aux rivalités de succession au sommet de l’État.
DE LA DIVERSION AYISSI NANGA À LA CABALE CONTRE FERDINAND NGOH NGOH
Alors que le procès de l'assassinat de Martinez Zogo entre dans une phase cruciale, l'espace public camerounais se retrouve saturé par une guerre de communication sans précédent. Entre l'éclat suspect de l'affaire Ayissi Nanga et la violente campagne médiatique ciblant le secrétaire général de la Présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh, les manœuvres de diversion se multiplient. Quel est le véritable objectif de ce tumulte ? Derrière les rumeurs indémontrables et les indignations à géométrie variable, se profile une guerre de succession feutrée au sommet de l'État. Analyse d'une manipulation politique qui tente d'étouffer les preuves matérielles et scientifiques accumulées par la justice pour murer la vérité dans le silence.
UN ÉPISODE TROP BRUYANT POUR ÉTRE INNOCENT
Considérons d'abord les faits, dans leur implacable nudité. Le lieutenant-colonel Ayissi Nanga, commandant en second de la Légion de gendarmerie du Sud, a adressé au ministre délégué à la Présidence chargé de la Défense une missive enregistrée le 13 octobre 2026. Par cet acte, il réclame une audition immédiate devant le Tribunal militaire de Yaoundé. L'officier y dénonce une expédition punitive — voire une tentative d'assassinat — survenue à Ebolowa dans la nuit du 19 au 20 août, crime qu'il impute formellement à l'un des accusés et à des complices toujours en liberté. Quelques jours après cet éclat, le militaire subissait une interpellation un samedi, avant d'être relâché dans l'attente de sa comparution devant le commissaire du gouvernement.
Quel intérêt l'accusation aurait-elle à agir avec une telle lourdeur ?
Les tireurs de ficelles présumés disposent, sur le sol national comme à l'étranger, de leviers infiniment plus discrets ; la disparition de Pius Njawé sur une route de Virginie en 2010, et celle de Guerandi Mbara continuent d'ailleurs de hanter les mémoires.
S'il s'était agi de murer un témoin dans le silence, le classique accident de la route, ou un geste de désespoir auquel la détresse évidente de l'officier aurait donné un écho crédible — auraient offert des sorties de scène bien moins risquées. Ce ne sont pas les outils ou les méthodes qui manquent aux véritables tenants du pouvoir!
Une arrestation si spectaculaire, orchestrée à la veille d'une déposition cruciale, tient moins de la liquidation physique que du théâtre d'ombres.
Cette mise en scène poursuit un but unique : feindre qu'une autorité implacable tient encore le gouvernail au sommet de l'État, au moment même où la présence effective du Chef de l'État se fait, pour le moins, vaporeuse.
LA CABALE CONTRE FERDINAND NGOH NGOH : ANATOMIE D'UNE FABRICATION
C'est sur le terreau de cette diversion que prospère une offensive d'une tout autre envergure.
Depuis l'été, une horde de blogueurs et de « lanceurs d'alerte » autoproclamés s'est liguée, avec une synchronisation suspecte, contre le ministre d'État, Secrétaire Général de la Présidence de la République.
La manœuvre est flagrante : lui faire endosser, ainsi qu'à la Première Dame, la responsabilité du meurtre de Martinez Zogo, afin de détourner les regards des indices patiemment accumulés par l'instruction.
L'acte fondateur de cette manipulation mérite d'être disséqué : Le 27 juillet 2026, le capitaine Daniel Effoudou, ancien Chef du Bureau de Renseignement à l'état-major particulier du Président, a publiquement désigné Ferdinand Ngoh Ngoh comme le commanditaire du crime, dans une vidéo diffusée depuis son exil européen. Pour soutenir sa thèse, il invoque une prétendue idylle entre le journaliste et l'épouse du ministre d'État : pas de pièce à conviction, point de réquisition, aucune expertise démonstrative! Rien qu'un récit intime, personnalisé, par nature invérifiable, jeté en pâture émotionnelle hors de tout cadre contradictoire. C'est l'artifice classique de la rumeur, qui remplace le mobile établi par une fable suggestive, redoutable d'efficacité car impossible à réfuter.
Le démenti le plus cinglant n'est pourtant pas venu des avocats du ministre, mais de la partie civile elle-même.
Me Félicité Zeiffman, avocate de la famille Zogo, par sa piété et clairvoyance juridique, a balayé ces accusations qu'elle qualifie d'infondées — exhortant à ne pas condamner un homme sur la foi de simples bruits de couloir, tout en précisant qu'elle ne connaissait pas personnellement le ministre d'État.
Que le conseil des victimes — dont le vœu le plus cher est d’obtenir le châtiment de tous les coupables — refuse d'avaliser cette thèse loufoque; devrait suffire à condamner l'entreprise.
Il y a plus flagrant encore! Les débats au prétoire ont apporté une lumière qui brise la cohérence même de la thèse complotiste. Le trente-troisième témoin du procès a révélé que Martinez Zogo transmettait en réalité à Ferdinand Ngoh Ngoh et à Oswald Baboke des dossiers confidentiels accablant Jean-Pierre Amougou Belinga pour des faits de détournement de deniers publics.
Un expert a confirmé que le journaliste entretenait une relation régulière et étroite avec le secrétaire général de la Présidence, dont il était un informateur loyal. Comment soutenir, sans insulter la logique élémentaire, qu'un homme aurait ordonné l'exécution de sa propre source, celle-là même qui forgeait ses armes politiques ? Le mobile fantasmé s'effondre face a une démonstration plus objective qu’émotive.
L'INDIGNATION SÉLECTIVE, SIGNATURE D'UNE OPÉRATION
Un trait saillant achève de trahir la conjuration : sa nature hautement sélective. Les mêmes voix qui se drapent dans une posture de neutralité vertueuse ne décochent jamais la moindre flèche vers Franck Biya, ni vers Samuel Mvondo Ayolo, directeur du Cabinet civil, dont les noms alimentent pourtant, depuis des années, les chroniques et les soupçons du public. Cette retenue n'est pas de la prudence ; c'est une ligne éditoriale dictée par la concupiscence!
Lorsqu'une indignation ne frappe jamais que dans une seule et unique direction, elle cesse d'être une révolte pour devenir une commande exécutée.
La clé de lecture politique s'impose d'elle-même.
Les attaques coordonnées qui saturent l'espace médiatique, notamment sur Ferdinand Ngoh Ngoh, proviennent d'une faction qui jure fidélité à la « carte Franck » tout en se gavant des fonds de souveraineté que gère Samuel Mvondo Ayolo sans comptabilité régalienne! Un homme dont les ambitions réelles survolent le Cabinet civil. À travers lui, certains se voient déjà calife à la place du calife.
Clouer au pilori ou vitrifier le Secrétaire Général de la Présidence dans le subconscient de l’opinion camerounaise, c'est purement et simplement déblayer le chemin du pouvoir pour les imposteurs qui surfent sur l’absence exécutive du Président Paul Biya!
Entendons-nous bien : il ne s'agit pas de substituer une rumeur à une autre. L'exigence de preuve que nous réclamons, s’agissant de Ferdinand Ngoh Ngoh; est due à tout justiciable. C'est précisément cette rigueur qui sépare l'argumentation juridique de la cabale politique.
LE RETOUR AUX FONDAMENTAUX DU DROIT PÉNAL
Dans une affaire d'une telle gravité, la droiture commande de revenir au triptyque sacré de toute infraction : l'element légal, l'élément matériel et l'élément moral. C'est à cette seule aune que doit être jugé l'assassinat de Martinez Zogo.
Or, c'est précisément sur ce terrain que les manipulateurs tentent de tricher. Leur but n'est pas de prouver, mais d'insinuer, de vilipender d’obtenir la mort sociale ou politique d’un homme! Non de produire une pièce, mais de distiller dans l'opinion publique un doute qui, entretenu avec l’art de la rudesse, finirait par profiter aux véritables coupables sous voiles!
Le principe selon lequel le doute profite à l'accusé est une garantie sacrée de la justice. Le dévoyer pour en faire une arme de communication de masse constitue la plus cynique des falsifications.
Les témoignages mis en scène sur les réseaux sociaux sont dépourvus de toute valeur probante. Les enregistrements audio eux-mêmes, à l'ère de l'intelligence artificielle, ne sauraient forger une conviction sans le filtre d'expertises approfondies.
Aujourd'hui, la voix se clone, l'image se truque, la parole se contrefait. Ce qui échappe à la contrefaçon, en revanche, c'est la convergence d'éléments matériels rigoureusement indépendants, et scientifiquement flagrants les uns des autres.
CE QUE L'ON VOUDRAIT FAIRE OUBLIER
Comment, dès lors, effacer ce que la justice a déjà mis en lumière ?
Les aveux directs des acteurs du drame : à commencer par les déclarations de Justin Danwe et de son commando. C'est d'ailleurs le lieutenant-colonel Ayissi Nanga que le sous-lieutenant Legrand Ngamby avait prévenu après avoir reçu de Justin Danwe, alors directeur des opérations à la DGRE, l'ordre d'« administrer une correction » au journaliste.
L'horreur des supplices en images : les clichés de la torture projetés à l'audience du 1er juin 2026, corroborés par les séquences vidéo captées devant l'immeuble Ekang.
La rigueur de la science : le croisement de la vidéosurveillance et des données GPS présenté par le lieutenant-colonel Dieudonné Bialo, chef du Service central des recherches judiciaires.
Le mystère des communications : la détention suspecte de téléphones reprochée à Mme A.B., une énigme toujours non résolue.
La mémoire du réseau : les données conservées sur les serveurs des opérateurs téléphoniques. Les réseaux n'oublient rien : chaque message laisse une trace indélébile que la justice peut saisir. Il est d'ailleurs révélateur qu'Ayissi Nanga lui-même ait réclamé l'audition des dirigeants de ces compagnies de téléphonie.
Devant ce faisceau d'indices matériels, concordants et vérifiables, les proclamations médiatiques ne sont que du vent. Elles n'ont qu'un dessein : saturer l'espace public pour détourner le regard de l'essentiel vers le dérisoire.
LE "SONGO" SANS LE JOUEUR
Paul Biya — que les initiés surnomment « Binary » — fut un maître accompli du jeu de songo. Il possède, plus que quiconque, l'art de positionner un pion de longues années avant de s'en servir, excellant dans la feinte sur une case pour mieux frapper sur une autre. Le paradoxe de l'heure présente est pourtant saisissant : les pièces qu'il a patiemment disposées au cours de quatre décennies de règne continuent d'avancer, alors même que la main du maître se fait absente au-dessus du terrain de jeu. D'autres acteurs jouent désormais en son nom, et la diversion est devenue leur manœuvre favorite.
On nous égare à dessein.
La vérité judiciaire ne saurait se décréter sur l'agora des réseaux sociaux, pas plus qu'elle ne s'obtient par le tumulte. Elle s'édifie patiemment, pièce après pièce.
C'est à la preuve matérielle, et non au fracas médiatique, que doit revenir le dernier mot. Martinez Zogo, pour emprunter la formule saisissante de Me Claude Assira, "ne doit pas mourir deux fois".
Loic Kodjay